opéra Numéro 142
Septembre 2018

Entretien, actus, brèves

© JEAN-BAPTISTE MILLOT

Entretien

Numéro 142

Stéphane Degout

© JEAN-BAPTISTE MILLOT

Rentrée chargée pour le baryton français, avec la sortie d’Harmonie du soir, un album de mélodies de Debussy chez Harmonia Mundi, partagé avec Sophie Karthäuser, et deux prises de rôles : Valentin dans Faust, au Teatro Real de Madrid, le 19 septembre, puis Golaud dans Pelléas et Mélisande, à l’Opéra-Comique, le 23 octobre.

En 1998, vous participiez à la première Académie du Festival d’Aix-en-Provence comme jeune espoir. Cette année, vous y êtes revenu avec le statut de maître, pour animer une résidence sur l’art du récital. Une expérience nouvelle pour vous…

Et très intimidante ! Parce que je me demandais bien, en arrivant à AIx, comment j’allais pouvoir exploiter toutes les connaissances accumulées depuis si longtemps sur le répertoire de la mélodie française. En effet, à part des fondamentaux concernant la prononciation, par exemple, l’interprétation est quelque chose d’extrêmement personnel. J’ai travaillé pendant vingt ans avec Ruben Lifschitz, qui avait des idées très précises sur certains aspects, mais m’a d’abord enseigné l’ouverture d’esprit, en stimulant le développement de mon imaginaire. Rien de strict, donc, ni d’obligatoire. Alors, j’ai décidé que nous étions là pour nous poser des questions ensemble, sans nécessairement y apporter de réponses. Je peux simplement donner une lueur d’espoir à ces jeunes chanteurs, quand j’entends chez eux des difficultés que j’ai rencontrées, et surmontées au fil du temps.

Lorsqu’on vous a dit, à l’orée de votre carrière, que vous aviez une voix pour chanter la mélodie, plut