opéra Numéro 172 - Mai - 3
Mai - Semaine 3

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Actualité - Numéro 172 - Mai - 3

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Opéra de Paris horizon 2021-2022

Que retenir en priorité de la future saison de l’Opéra National de Paris, annoncée le 18 mai ?.

Côté nouvelles productions, on ne remerciera jamais assez Alexander Neef, nouveau directeur de l’institution, du retour d’Œdipe d’Enesco à l’Opéra de Paris, rêve caressé jadis par Nicolas Joel, qui va enfin se concrétiser. Turandot s’imposait après une longue absence : elle sera mise en scène par Robert Wilson (coproduit avec le Teatro Real, le spectacle y a vu le jour, en 2018) et dirigée par Gustavo Dudamel, nouveau directeur musical de l’ONP, qui sera également au pupitre des Nozze di Figaro. Chez Puccini, comme chez Mozart, les distributions seront l’occasion de belles découvertes pour les spectateurs parisiens : Elena Pankratova en Turandot, Vanessa Vasquez en Liù, Ying Fang en Susanna… Comment ne pas saluer, enfin, la création française d’A Quiet Place de Bernstein ? Pour cet événement, Alexander Neef joue, à raison, la carte du vedettariat : Kent Nagano à la baguette, Krzysztof Warlikowski à la mise en scène, Patricia Petibon et Frédéric Antoun dans les rôles principaux.

Pour le reste, les reprises sont bien distribuées, avec de vraies révélations à la clé pour le public parisien (les ténors Pene Pati et Joshua Guerrero, respectivement dans L’elisir d’amore et Manon, les sopranos Olga Busuioc et Adela Zaharia, dans Khovanchtchina et Don Giovanni…) et des consécrations attendues chez les chanteurs français (le premier Rigoletto de Ludovic Tézier dans la capitale, Julien Behr en Pylade d’Iphigénie en Tauride, Gaëlle Arquez, Sabine Devieilhe et Nicolas Courjal, en Ruggiero, Morgana et Melisso d’Alcina, Marianne Crebassa en Rosina d’Il barbiere di Siviglia…)

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Paris déroule le tapis rouge à Asmik Grigorian

L’éblouissante soprano arméno-lituanienne (40 ans depuis le 12 mai), inoubliable Salomé et Chrysothemis d’Elektra au Festival de Salzbourg, est peu connue du public français. En l’espace de deux semaines, elle va rattraper le temps perdu : un récital avec piano (l’excellent Antoine Palloc), Salle Gaveau, dans le cadre de L’Instant Lyrique de Richard Plaza (1er juin) ; trois concerts d’extraits d’Eugène Onéguine, La Dame de pique et Iolantha, à l’Opéra Bastille, dirigés par Oksana Lyniv, avec Brandon Jovanovich et Etienne Dupuis pour partenaires (6, 9, 12 juin) ; et l’immense Quatorzième Symphonie de Chostakovitch, à l’Auditorium de la Maison de la Radio, sous la baguette de Mikko Franck, avec Matthias Goerne à ses côtés (13 juin).

A priori, les spectateurs ne pourront juger que de ses mérites vocaux, mais gageons que, même en concert, elle saura déployer les sortilèges qui en font l’une des plus incroyables chanteuses-actrices du moment.

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Montpellier réussit sa réouverture

L’Opéra Orchestre National Montpellier, l’un des premiers à rouvrir ses portes aux spectateurs pour une représentation d’opéra en France, a offert un passionnant Werther à son public, hier soir, jeudi 20 mai, dans la salle de l’Opéra-Comédie.

Créée à Nancy, en 2018, la production de Bruno Ravella, reprise ici par José Dario Innella, est un modèle de goût et d’intelligence, dans sa manière de respecter la tradition sans jamais paraître poussiéreuse ni conventionnelle.

Un Werther avare d’éclat et de séduction, mais au rendez-vous des difficultés vocales (Mario Chang), un remarquable Albert (Jérôme Boutillier) et des seconds rôles valeureux laissent la vedette à un électrisant duo canadien.

Marie-Nicole Lemieux, d’abord, en débuts dans Charlotte, joue de sa formidable technique pour gagner en clarté de timbre et en hauteur de l’émission, au point de sonner comme une soprano (pas un instant, on n’entend le profond contralto de Mrs. Quickly dans Falstaff, le rôle qui l’a rendue célèbre dans le monde entier !). Du coup, son personnage rayonne de jeunesse et de féminité.

Jean-Marie Zeitouni, ensuite, à la tête d’un somptueux Orchestre National Montpellier Occitanie (disposé au parterre), fait émerger de saisissants échos wagnériens de la partition, avec une manière extraordinairement souple et sensuelle de caresser la musique, à laquelle il est impossible de résister.

La jauge réduite (35%) empêche les applaudissements de se transformer en tonnerre, mais l’enthousiasme est palpable.