opéra Numéro 172 - Mai - 2
Mai - Semaine 2

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Actualité - Numéro 172 - Mai - 2

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La Scala retrouve son public

La Scala, qui n’avait plus accueilli de public depuis le 22 octobre dernier, a rouvert ses portes, le 10 mai. Environ 500 spectateurs (un quart de la capacité totale), répartis aux balcons et galeries, ont pu assister à un concert réunissant Riccardo Chailly et Lise Davidsen. Dirigeant l’orchestre maison, installé au parterre sur une plate-forme, le directeur musical du temple milanais a commencé avec le chœur « Patria oppressa » de Macbeth et terminé avec l’immortel « Va pensiero » de Nabucco, évidemment bissé par des chœurs sans rivaux dans Verdi.

Quant à la jeune soprano norvégienne, sa voix extraordinaire s’est déployée sans effort dans « Dich, teure Halle » de Tannhäuser et « Es gibt ein Reich » d’Ariadne auf Naxos, deux de ses chevaux de bataille. Dans le reste du programme, la mort de Didon, extraite de Dido and Aeneas de Purcell (évidente référence à sa légendaire compatriote Kirsten Flagstad), et surtout « Pace, pace, mio Dio » de La forza del destino, ont moins convaincu que l’air de Lisa, au troisième acte de La Dame de pique.

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Peter Grimes à Madrid avant Paris

Parisiens, précipitez-vous à l’Opéra Bastille quand le Peter Grimes mis en scène par Deborah Warner y sera proposé, lors d’une future saison ! C’est le Teatro Real de Madrid, son premier coproducteur, qui a eu la primeur de cet extraordinaire spectacle, du 19 avril au 10 mai, avant le Covent Garden de Londres (en mars 2022), puis le Teatro dell’Opera de Rome et l’Opéra National de Paris.

Dans un décor dépouillé, le travail de Deborah Warner, qui situe l’action de nos jours, se concentre sur la direction d’acteurs, tant dans le traitement des chœurs et des nombreux seconds rôles, caractérisés avec une acuité stupéfiante, que dans celui de Peter Grimes, incarné par le ténor britannique Allan Clayton, aussi bien chantant que scéniquement bouleversant.

Plus le drame progresse, plus le spectateur retient son souffle, tantôt ému aux larmes, tantôt pétrifié par la violence de la foule. La scène où les villageois, après s’être acharnés comme des hooligans en furie ou des nervis d’extrême droite sur un pantin de chiffons planté au bout d’une pique, partent à la recherche de Peter Grimes, glace le sang : illustration de la théorie du bouc émissaire d’autant plus effrayante qu’elle renvoie explicitement aux aspects les moins reluisants de notre société contemporaine.

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L’Opéra de Paris se prépare à rouvrir

Après des mois de fermeture, pour cause de pandémie, les portes de l’Opéra National de Paris s’ouvriront à nouveau au public, le 21 mai, à 14h. Ce jour-là, le Palais Garnier accueillera la création mondiale du troisième opus lyrique de Marc-André Dalbavie, Le Soulier de satin, d’après la mythique pièce de théâtre de Paul Claudel (pour l’Opéra Bastille, il faudra attendre le 4 juin et la reprise de Tosca, avec Maria Agresta, Michael Fabiano et Ludovic Tézier dans les rôles principaux).

L’opéra est plus court que la pièce mais le marathon Soulier de satin durera quand même six heures (deux entractes compris). Commandé par Stéphane Lissner, l’ancien directeur de l’ONP, l’ouvrage sera dirigé par le compositeur en personne et mis en scène par Stanislas Nordey. La nombreuse distribution réunira, aux côtés de Luca Pisaroni et Max Emanuel Cencic, la fine fleur du chant francophone : Ève-Maud Hubeaux, Vannina Santoni, Béatrice Uria-Monzon, Julien Behr, Julien Dran, Yann Beuron, Éric Huchet, Jean-Sébastien Bou, Nicolas Cavallier, Marc Labonnette… Il y aura même Fanny Ardant dans le rôle de la Lune, en voix enregistrée !