Rencontres

Julia Muzychenko

© ROBAVSKY D

Ayant gagné le rôle d’Amina dans La sonnambula, lors de l’édition 2021 du concours organisé par Clermont-Ferrand et Vichy, la soprano russe le chantera à partir du 23 janvier, d’abord à Clermont Auvergne Opéra, puis à l’Opéra de Vichy, avant de partir en tournée à travers la France.

Alors que tant de jeunes artistes hésitent ou tergiversent, la soprano russe Julia Muzychenko surprend par son courage et sa détermination, sûre de son travail et des choix qu’elle a pris jusqu’à aujourd’hui.

Née à Saint-Pétersbourg, la petite Julia n’a que 5 ans, lorsqu’elle assiste avec ses parents à une représentation du Prince Igor, donnée au Théâtre Mariinsky. Quand arrivent les fameuses « Danses polovtsiennes », l’enfant émerveillée se souvient avoir poussé un cri, en découvrant tout ensemble, sur scène, la musique, le chant, la danse, les décors et les costumes. Se retournant vers sa mère, elle lui demande ce que c’est. « Mais c’est l’opéra », lui répond-elle.

Le choc est tel que la petite, transportée, sait d’instinct que la musique accompagnera sa vie. Encouragée dans cette voie, Julia ne tarde pas à suivre des cours de piano, instrument auquel elle va s’adonner avec passion pendant près de quinze ans, au point d’envisager une carrière de concertiste. L’étude du chant va cependant prendre le dessus, à la faveur d’une rencontre avec un professeur qui la détourne du piano, pour lui enseigner les bases et lui faire découvrir les mystères de ce monde encore inconnu.

D’emblée, l’extension de sa voix et sa facilité à atteindre les notes les plus aiguës révèlent sa nature : elle sera colorature. La jeune fille, accueillant avec plaisir la nouvelle, envisage sereinement le répertoire vers lequel sa tessiture va la mener : Nannetta (Falstaff), Olympia (Les Contes -d’Hoffmann), Norina (Don Pasquale), avant Lucia (Lucia di Lammermoor), Gilda (Rigoletto) ou Violetta (La -traviata). Elle intègre bientôt le Conservatoire « Rimski-Korsakov » de Saint-Pétersbourg, où elle travaille avec Tamara Novichenko, auprès de laquelle elle consolide sa technique et élargit ses connaissances musicales.

Forte de cet enseignement, Julia Muzychenko fait ses premiers pas au Théâtre Mariinsky dans La Véritable Histoire de Cendrillon de Vladimir Tarnopolsky, où elle tient le rôle-titre, tout en se présentant à des concours de chant. Parmi les nombreuses compétitions auxquelles elle se prête, elle remporte un prix à Busseto, qui lui offre la possibilité de débuter hors de Russie, dans La traviata, pendant la saison 2017-2018.