Rencontres

Christiane Karg

© GISELA SCHENKER

C’est pour Harmonia Mundi, sa maison de disques depuis trois ans, que la soprano allemande a enregistré Licht der Welt : A Christmas Promenade, un récital sorti en France, le 26 novembre dernier, qui réunit de petits bijoux allemands, français, italiens et espagnols.

Comment avez-vous vécu cette longue période d’arrêt ?

Comme pour tout le monde, ces mois ont été difficiles, et ces annulations douloureuses. Mais prenons le bon côté des choses : cela m’a permis d’être en famille bien plus que d’habitude, en particulier autour de Noël. De plus, pendant le second confinement, j’étais enceinte, donc le timing était parfait ! Enfin, durant tout ce temps, je n’ai pas arrêté de travailler. J’ai pu étudier beaucoup de partitions, puis enregistrer le programme de Noël qui sort chez Harmonia Mundi.

Dans votre carrière, le récital tient une place très importante, avec beaucoup d’originalité dans la conception des programmes. Pour Berlin Classics, vous aviez ainsi enregistré les albums Verwandlung : Lieder eines Jahres, autour des saisons, et Parfum, dédié à la mélodie française. Comment avez-vous composé ce dernier disque autour de Noël ?

Tout est parti du désir de faire un album, avec des chants de Noël de Cornelius et Humperdinck. Ne voyant pas l’intérêt de graver une énième version de Stille Nacht ou Jingle Bells, j’ai cherché des raretés, toujours dans les mélodies « savantes ». Et une découverte en amenant une autre, j’ai finalement eu de la matière pour cinq CD ! J’ai choisi les pièces qui me semblaient les plus intéressantes, dans des langues, outre -l’allemand, que je maîtrise, comme le français, l’italien et l’espagnol. Parmi elles figurent de petits bijoux signés Joaquin Nin, Grieg ou Massenet, une cantate (en français) de Rossini, une autre (en italien) de Saint-Saëns, mon titre favori étant le Noël des jouets de Ravel. Leur point commun est d’aborder le charme propre à Noël. Le confinement m’a replongée dans cette -atmosphère de fêtes familiales, et j’ai voulu, avec ce disque, faire retrouver cette nostalgie de l’enfance que tout adulte garde au fond de lui. Le choix du pianiste Gerold Huber comme accompagnateur – et aussi arrangeur – s’est vite imposé, du fait aussi de la proximité géographique. Et le Chœur de la Radio Bavaroise (Chor des Bayerischen Rundfunks), à l’arrêt au moment de l’enregistrement, a pu venir comme « invité surprise ». Je suis très heureuse que ma nouvelle maison de disques, Harmonia Mundi, me suive dans cette aventure, et nous avons d’autres beaux projets à venir !