Rencontres

Jeanine De Bique

© MARCO BORGGREVE

À partir du 25 novembre, pour ses débuts à l’Opéra National de Paris, la soprano trinidadienne reprend la production de Robert Carsen, créée en 1999. Le 27 octobre est sorti son premier récital discographique, Mirrors, sous étiquette Berlin Classics.

Comment avez-vous découvert que votre voix vous permettrait de faire carrière à l’opéra ?

Je viens des îles jumelles de Trinité-et-Tobago (Trinidad and Tobago en -anglais), autrefois colonisées par les Britanniques, qui nous ont transmis une part de leur culture. Le goût pour l’art et la musique classique est demeuré une tradition dans ma famille. J’ai grandi en apprenant le piano sur l’instrument que ma mère jouait, quand elle était enfant. Durant ma scolarité, j’ai toujours fait partie des chœurs, et c’est dans ce cadre que j’ai été présentée à des concours nationaux, en tant que soliste. Quand une nouvelle cheffe de chœur, qui avait étudié l’opéra au Royal College of Music de Londres, est arrivée dans mon lycée, elle a proposé de me donner des leçons particulières. Il s’agissait alors, comme les cours de piano, d’activités extra-scolaires, au même titre que les sports que je pratiquais. À 18 ans, il a fallu que je décide de ce que j’allais faire. Je voulais devenir avocate ou psychologue, mais mes deux professeurs de musique m’ont dit que j’avais les capacités pour faire carrière. Je n’avais jamais vu un seul opéra de ma vie – YouTube n’existait pas, à l’époque ! –, mais j’ai décidé de suivre leurs conseils, parce que j’aimais vraiment chanter et jouer la comédie. J’ai auditionné pour deux écoles aux États-Unis, et j’ai choisi la Manhattan School of Music.

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