Rencontres

Alain Voirpy

© ANTOINE JOUFFRIAULT

Les 29 et 30 juin, Catherine Hunold et Jérôme Boutillier seront les interprètes du premier opéra du compositeur français, qui en cosigne le livret avec Kristian Frédric. Aliénor, figure majeure du Moyen Âge, reine de France, puis d’Angleterre, méritait bien pareille consécration.

Pour votre premier opéra représenté en entier, vous avez fait émerger la formidable figure d’Aliénor d’Aquitaine (v. 1122-1204). Comment votre désir de ressusciter cette femme exceptionnelle est-il né ?

Mon imagination musicale a été stimulée par la lecture d’un petit ouvrage, puis par la visite de l’abbaye de Fontevraud, où l’on peut admirer son magnifique gisant polychrome. Et par le fait aussi que Limoges, où je vis et travaille, faisait partie du duché -d’Aquitaine, dont Aliénor était l’héritière. Avec elle, surgit toute une époque immense : splendeurs de l’art roman, naissance du gothique et de la poésie courtoise des troubadours, débuts de la littérature romanesque… Cependant que des affrontements violents ravagent les contrées, les croisades ruinent le pays. Aliénor se révèle, dans ce contexte foisonnant, comme une personnalité hors du commun, à l’écoute de son temps. Riche, puissante, intelligente, cultivée, mécène, elle joue un rôle politique important dans l’Europe médiévale. Consciente de sa valeur, elle revendique, avant tout, sa liberté. Ainsi, après l’annulation de son mariage avec le roi de France Louis VII, elle épouse, quelques mois plus tard, le fougueux Henri Plantagenêt, comte d’Anjou, son cadet de dix ans – le futur Henri II d’Angleterre. Deux fois reine, mère de nombreux enfants, dont deux rois, elle défie l’empereur, menace le pape et gouverne ses deux royaumes avec une absolue maîtrise. Elle est fascinante !

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