Jeune talent

Edwin Fardini

© PASCAL ITO – ADAMI

Alors que les auditions ont commencé pour la 4e édition du Concours « Voix des Outre-Mer », fondé par Fabrice di Falco, le baryton d’origine martiniquaise, couronné le 22 janvier dernier, à l’Amphithéâtre Bastille, a d’ores et déjà démarré, à 25 ans, une prometteuse carrière.

« Je veux chanter comme Leontyne Price ! » Tel est le credo d’Edwin Fardini, depuis qu’il a décidé de se consacrer à la musique. Une référence loin d’être anodine pour le jeune artiste, dont le besoin d’identification passe notamment par la couleur de peau.

Une problématique ancrée au point de lui faire préférer le répertoire de la mélodie, de la musique sacrée et de la symphonie, à celui de l’opéra, où le noir ne sied qu’à Otello ou Porgy. Le lyrisme de la poésie n’a, lui, d’autres origines que l’émotion et le sentiment. Il convient donc au baryton, qui considère ce genre littéraire « en prise immédiate avec le réel ». À son panthéon figurent les lieder de Liszt, véritables opéras miniatures, mais aussi ceux de Mahler, qu’il rêve d’interpréter en version symphonique, et ceux de Zemlinsky.

Cet attachement presque viscéral à la forme brève ne signifie toutefois pas l’abandon d’autres rivages, et Edwin Fardini aimerait un jour revêtir les atours de Golaud (Pelléas et Mélisande), Mercutio (Roméo et Juliette) ou Anténor (Dardanus), ses goûts le portant au-delà des époques et des styles.

Comme on peut l’imaginer aisément, Edwin Fardini n’a jamais emprunté les sentiers battus. S’il débute l’apprentissage du piano et du chant choral dès l’âge de 5 ans, au Conservatoire de Créteil, la musique n’est pas une vocation. Le clavier prend même plutôt des allures de torture ! Mais dans une famille où tout engagement doit être respecté, il n’est pas question d’abandon.