Rencontres

Sophie Harmsen

© TATJANA DACHSEL

La mezzo-soprano allemande est l’un des artisans de la réussite du nouvel enregistrement de la Missa solemnis de Beethoven, sous la baguette de René Jacobs, chez Harmonia Mundi, couronné d’un Diamant d’Opéra Magazine dans les pages « CD » de ce numéro.

Vous vous produisez plus en concert qu’à l’opéra. Est-ce un choix ?

Depuis la naissance de ma fille, la dernière longue production à laquelle j’ai participé a été La clemenza di Tito, au Teatro Real de Madrid, en 2016 ; j’y chantais Annio. Passer deux mois loin de chez moi, alors qu’elle n’avait que 2 ans, a été très difficile. J’admire mes collègues capables de mener de front la maternité et une carrière scénique. Mais je considère que j’ai le meilleur des trois mondes : quelques opéras, beaucoup de concerts, et tout le temps dont j’ai besoin pour me consacrer à ma vie de famille !

Est-il plus difficile de revenir au théâtre après une longue période de concerts ?

Durant les dix premières années de ma carrière, je n’ai fait que de la scène. Et j’avais vingt-sept rôles à mon actif, lorsque j’ai été engagée pour mon tout premier concert ! Revenir à l’opéra, incarner un personnage, et particulièrement les travestis, me procure beaucoup de plaisir. Cependant, pour que j’accepte une invitation, il faut que le rôle m’aille parfaitement. J’ai une telle chance de pouvoir me produire avec des orchestres formidables en concert, que je recherche les mêmes conditions à l’opéra. Les maisons, grandes ou moyennes, ne savent pas vraiment qui je suis, et c’est généralement à la demande d’un chef, ou d’un metteur en scène, que les théâtres m’engagent. Cela avait d’ailleurs été le cas à Madrid, grâce à Karl-Ernst et Ursel Herrmann.

Quel souvenir gardez-vous de ce couple mythique, disparu depuis ?

Mon mari, ma fille et moi habitions à deux heures de chez eux, à Berlin. Quand l’Elbe a débordé, il y a quelques années, nous avons roulé jusqu’à leur maison et monté toutes leurs affaires à l’étage supérieur, pour les préserver de l’inondation. Nous nous entendions très bien, et je leur suis très reconnaissante de la confiance qu’ils m’ont accordée. J’ai beaucoup appris à leur contact.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 169