Rencontres

Lionel Ginoux

© JIMMY VALLENTIN

Du 10 au 12 novembre, le compositeur français renoue avec le genre lyrique, en mettant en musique, à la demande de l’Opéra de Limoges, Faust nocturne, texte d’Olivier Py écrit en 2003 et mis en scène par son auteur, en 2007, à Orléans.

Vous êtes un compositeur ouvert à toutes les formes de l’expression musicale. On constate la place particulière qu’occupe la scène lyrique au sein du catalogue conséquent de vos œuvres, qui témoigne de la diversité et de l’éclectisme de votre inspiration…

Toutes les musiques retiennent mon attention, du jazz au rock, de la musique populaire à la musique savante. J’ai composé des pièces pour orchestre, pour voix, pour soliste, de la musique de chambre, des musiques de scène… J’ai abordé le répertoire expérimental, et j’ai même écrit des chansons !

Comment expliquez-vous votre intérêt pour l’art lyrique, qui se manifeste à travers les six opéras que vous avez composés et dont le dernier est ce Faust nocturne, sur la pièce au verbe flamboyant d’Olivier Py ?

L’opéra offre un espace privilégié qui réunit et explore différents domaines : musique, théâtre, mais aussi arts visuels. Je suis particulièrement réceptif à cette dernière discipline pour l’avoir étudiée, avant de me consacrer à la composition. Par ailleurs, je suis sensible aux dramaturgies théâtrales qui offrent des personnages au profil suggestif, ancrés dans une temporalité qui peut se déployer dans le temps musical et ouvrir l’espace scénique. Le passage du théâtre d’Olivier Py vers une composition musicale a éveillé des images intérieures fortes, qui ont nourri mon inspiration et innervé mon écriture pour se métamorphoser en sons.

Comment avez-vous connu le texte d’Olivier Py ?

L’Opéra de Limoges m’a proposé cette pièce. Je disposais d’un temps de composition très bref, à peine trois mois, mais j’ai relevé le défi. Cette contrainte a été stimulante, elle m’a obligé à aller à l’essentiel, en laissant la place à l’imprévu, aux premières intuitions qui jaillissent, mais aussi à faire des choix musicaux dans l’élan du travail.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 166