Rencontres

Laurent Brunner

© FRANÇOIS BERTHIER

Après avoir ouvert, avec des concerts, une saison 2020-2021 mise à l’épreuve par la crise du Covid-19, le directeur de Château de Versailles Spectacles propose ses premiers opéras en décembre : L’Orfeo de Monteverdi, le 9, puis Don Quichotte chez la Duchesse, du 25 au 27.

La question est inévitable par les temps qui courent : comment avez-vous vécu et vivez-vous la crise qui frappe le monde du spectacle ?

Notre spécificité tient au fait que l’essentiel de nos ressources ne provient pas de subventions publiques mais de nos activités parallèles, parmi lesquelles les Grandes Eaux de Versailles. Ce sont des manifestations de plein air, les limitations et les contraintes ne sont pas les mêmes que sur le plateau d’un théâtre, mais nous avons été frappés de plein fouet ! Notre saison aurait dû commencer en avril, ce qui n’a pas été possible à cause du confinement. Ensuite, les touristes se sont pas revenus, et nous avons constaté une baisse de fréquentation de 80 %. Or, ce sont ces recettes qui nous permettent de combler les déficits causés par les concerts et les opéras.

Avez-vous annulé de nombreux projets ?

Bien sûr ! L’incoronazione di Poppea, sous la direction musicale de Leonardo Garcia Alarcon et dans une mise en scène de Ted Huffman, spectacle prévu au Festival d’Aix-en-Provence et qui devait être repris à l’Opéra Royal, est, si je puis dire, mort dans l’œuf. Nous aurions bien aimé redonner The Beggar’s Opera, grand succès de William Christie et Robert Carsen, mais la plupart des interprètes étaient américains et ne pouvaient pas venir.

Comment, alors, avez-vous bâti la saison 2020-2021 ?

Elle n’aura sans doute pas la cohérence que nous avions souhaitée à l’origine, puisque nous avons été obligés de tenir compte des opportunités, de naviguer entre ce qui devait avoir lieu, ce qui n’aurait pas lieu et ce qui aurait peut-être lieu, selon les disponibilités de certains musiciens étrangers. Nous avons allégé au maximum la rentrée, qui n’est jamais notre période la plus chargée. Nous n’avons pas d’orchestre permanent, ce qui rend notre tâche moins complexe. Mais, malgré tous nos espoirs, il a fallu renoncer à jouer devant une salle pleine.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 166