Rencontres

Éric Breton

© JÉRÉMIE LE MAOÛT

Les 20 et 22 novembre, le compositeur français, après avoir tâté de la scène à travers ballets, opéras-bouffes et comédies musicales, propose au public de l’Opéra Grand Avignon son premier ouvrage lyrique de vastes proportions : Le Messie du peuple chauve.

D’où l’idée de cet opéra vous est-elle venue ?

Un jour, à Avignon, j’ai assisté à une représentation du Messie du peuple chauve, pièce d’Augustin Billetdoux inspirée de son propre roman, publié en 2012. Je me suis dit sur-le-champ que c’était là ce qu’il me fallait. J’ai alors négocié avec l’écrivain et son éditeur le droit de transformer le texte pour un opéra, et j’ai obtenu leur accord. Dès le départ, j’ai souhaité rédiger moi-même le livret, parce que les auteurs ont toujours tendance à en faire trop ! J’ai ainsi réécrit l’histoire et une partie des dialogues, auxquels j’ai ajouté des fragments de la Divine Comédie. Puis j’ai proposé mon projet à l’Opéra Grand Avignon ; il a été accepté par le directeur de l’époque, Pierre Guiral. J’ai commencé par composer les lignes mélodiques et l’harmonisation, puis je me suis attelé à l’orchestration : « Prima la musica », en ce qui me concerne, même si je sais que seul un livret peut donner de la cohérence à un opéra.

S’agit-il de votre premier opéra ?

Oui, mais j’ai fait auparavant plusieurs opéras-bouffes parodiques, notamment Regards sur Pétrarque, ainsi qu’une comédie musicale en provençal sur Mistral, Les Chants d’amour de Mirèio, et une autre en anglais, Lyssi, d’après Lysistrata d’Aristophane, qui a été créée, en concert, à Sarajevo.

Il semble qu’il y ait chez vous un tropisme balkanique…

En 1994, j’ai composé un chœur pour réfugiés, puis la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a organisé un voyage humanitaire en Bosnie et m’a proposé d’en faire partie. À Sarajevo, j’ai écrit, en une nuit, une pièce pour orchestre que des musiciens ont jouée le lendemain. Par la suite, Yehudi Menuhin m’a commandé l’Ouverture sur des thèmes bosniaques qui a été créée, elle aussi, à Sarajevo, en 1996. Différents concours de circonstances m’ont fait composer des œuvres qui ont été jouées à Ankara, par exemple, en présence du président Erdogan, mais aussi devant Bill Clinton, Jean-Paul II, etc. Mon goût de l’aventure et de l’insolite l’a toujours emporté sur les considérations géopolitiques. Sait-on réellement ce qui se passe ici et là ?

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 166