Rencontres

Tassis Christoyannis

Posa à Bordeaux (2015). © FRÉDÉRIC DESMESURE

Alors que vient de sortir, sous étiquette Palazzetto Bru Zane, l’intégrale du Timbre d’argent de Saint-Saëns, dans laquelle il incarne Spiridion, l’éclectique baryton grec s’exprime sur sa prochaine prise de rôle : Idoménée de Campra, à l’Opéra de Lille, le 3 octobre.

Dans le cadre de l’«Inattendu Festival » proposé par l’Opéra de Lille, le mois prochain (1), vous allez incarner le rôle-titre de l’Idoménée d’André Campra, dans une version « revisitée », intitulée Le Retour d’Idoménée. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Au départ, l’Idoménée de Campra devait faire l’objet d’une nouvelle production, mise en scène par Alex Ollé, de La Fura dels Baus, et dirigée par Emmanuelle Haïm. Compte tenu des circonstances, il a fallu s’adapter ; l’équipe a imaginé une version plus courte, jouée sans entracte, en éliminant quelques scènes chorales, quelques redites… Aucun air principal n’a été sacrifié et l’histoire reste parfaitement lisible.

En août dernier, à l’Odéon d’Hérode Atticus d’Athènes, vous avez déjà connu une expérience de ce type, avec une version d’Il ritorno d’Ulisse in patria réduite à une heure quarante…

Les chanteurs devaient changer de chaussures à chaque fois qu’ils entraient dans la salle de répétitions ! Et les spectateurs étaient évidemment masqués. Mais il faut absolument trouver des solutions pour offrir au public quelque chose de solide dans les meilleures conditions de sécurité. Des questions peuvent aussi se poser concernant l’acoustique, laquelle sera forcément différente de celle d’une salle pleine.

Quelle est la situation en Grèce ?

Là aussi, une nouvelle vague du Covid-19 commence, mais personne ne panique. Des concerts ont été donnés avec une audience restreinte ; c’est dommage, mais en même temps, c’était très chaleureux. L’essentiel, c’est que tous ensemble, spectateurs, artistes, techniciens, nous maintenions une relation essentielle pour notre vie. À Athènes, l’Opéra National de Grèce a osé une programmation jusqu’à fin décembre seulement. Le moment est peut-être venu d’accorder davantage de temps aux enregistrements, une façon de rester créatif… à distance !

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 165