Rencontres

Alexandre Tharaud

© JEAN-BAPTISTE MILLOT

Le pianiste français, parallèlement à sa brillante carrière de concertiste, accompagne des chanteurs avec lesquels il partage une vraie complicité artistique. Le 11 septembre, Erato publie le premier récital complet enregistré en duo avec Sabine Devieilhe : Chanson d’amour.

Quand avez-vous rencontré Sabine Devieilhe ?

Nous sommes tous deux dans la même firme discographique, Warner Classics & Erato. En 2016, lorsque j’ai consacré un enregistrement à Rachmaninov, j’ai souhaité apporter un peu d’air dans un programme dense ; j’ai donc demandé à Sabine de chanter la Vocalise op. 34. Cela a été notre première collaboration. Un an plus tard, pour son récital intitulé Mirages, elle a fait appel à moi pour quelques mélodies ; elle avait envie d’un son différent, contrastant avec celui de l’orchestre Les Siècles, que dirigeait François-Xavier Roth. Tout naturellement, après ces deux rencontres, nous avons pensé à faire un disque entier ensemble, consacré à cette musique française que nous connaissons bien et que nous adorons, et qui a créé un lien solide entre nous.

Comment avez-vous élaboré votre programme ?

Nous y avons passé beaucoup de temps, car le répertoire est vaste, surtout lorsque plusieurs compositeurs sont à l’affiche ; faire un choix parmi tant de chefs-d’œuvre n’est pas chose facile ! Nous nous sommes d’abord produits en concert, à l’Opéra de Lille, le 7 mars 2019, puis nous avons enregistré, quelque temps plus tard, à la Siemens-Villa de Berlin, qui jouit d’une acoustique exceptionnelle.

Quels sont ses avantages ?

Aujourd’hui, les salles disponibles, en dehors des studios ayant déjà servi pour de nombreux disques, sont rares. J’ai eu un vrai coup de cœur pour celle-ci, qui sonne merveilleusement bien, même pour du piano seul. C’est une acoustique très chaude ; vous faites une note et c’est déjà beau. Les murs en bois sont excellents pour le son. Mais une acoustique, ce n’est pas que le son ; un musicien sait qu’il sera davantage satisfait dans un vieux théâtre que dans un plus récent. Plus les lieux sont anciens, plus je les sens. Il y a quelque chose de magique dans la Siemens-Villa. En même temps, ce peut être dangereux.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 164