Jeune talent

Aslam Safla

© THIERRY JOLY

Alors que les auditions ont commencé pour la 3e édition du Concours « Voix des Outre-Mer », fondé par Fabrice di Falco, le baryton né à La Réunion, couronné le 8 janvier dernier, à l’Amphithéâtre Bastille, tient à compléter sa formation, avant de se lancer dans la carrière.

L’histoire d’Aslam Safla avec le répertoire classique débute au son d’Une petite musique de nuit (Eine kleine Nachtmusik). En découvrant l’œuvre de Mozart, le petit garçon est envoûté par les sonorités du violon qu’il demande à apprendre. Du haut de ses 7 ans, il entre dans une école de musique de La Réunion, pour étudier l’instrument, et s’épanouit en explorant des partitions empreintes de grandeur et d’émotion. Plus tard, à l’adolescence, ce curieux se tourne vers la guitare et le chant, afin de pouvoir aborder les musiques folk et country américaines, découvertes auprès d’une mère écoutant Bob Dylan et Johnny Cash.

Les infrastructures de l’île ne lui permettant pas de poursuivre des études musicales de niveau supérieur, il vient en métropole et entre à la Faculté de musicologie de Tours. Là, sur les bords de la Loire, il rejoint plusieurs formations, avec lesquelles il se produit, en tant que chanteur, guitariste et harmoniciste, dans des bars et des salles de concert, un peu partout en France.

À l’âge de 23 ans, Aslam Safla intègre le Centre de Formation des Musiciens Intervenants (CFMI) où, pour la première fois, il bénéficie de cours de chant lyrique. C’est un véritable coup de cœur pour l’opéra, qui ne le quittera plus. Il découvre les possibilités de la voix humaine, les différents timbres, la technique. Afin de pouvoir gagner sa vie, il continue à sillonner les routes hexagonales avec sa guitare, travaillant même pendant une année pour un cirque.

Mais sa passion pour l’opéra prend le dessus et, lorsqu’il est admis dans la classe du baryton Jean-François Rouchon, au CRR de Cergy-Pontoise, il décide d’abandonner toutes ses autres activités, pour se consacrer exclusivement au chant lyrique. Il enchaîne alors les académies, les festivals, les master classes, afin de s’améliorer en solfège, en déchiffrage et en technique.

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