Rencontres

Bushra El-Turk

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La compositrice libanaise est en train d’écrire son deuxième ouvrage lyrique, Woman at Point Zero, qui sera créé en Belgique, en avril 2021, avant d’être présenté au Festival d’Aix-en-Provence. Le projet bénéficie du soutien d’ENOA, réseau européen d’académies d’opéra.

Comment ce projet est-il né ?

La question du droit des femmes et de leur asservissement dans les sociétés patriarcales m’a toujours beaucoup tenu à cœur. Après mon premier opéra, Silk Moth, qui parlait de ce qu’on appelle « honour killing », c’est-à-dire le meurtre de filles par les familles elles-mêmes pour des raisons d’honneur, des amis m’ont fait lire Woman at Point Zero, ce livre que Nawal El Saadawi, considérée comme la Simone de Beauvoir égyptienne, a fait paraître en 1975. Il raconte sa rencontre, dans une prison, avec Firdaus, mariée de force à un homme plus âgé, qu’elle a quitté. Obligée ensuite de se livrer à la prostitution pour pouvoir survivre, Firdaus a été condamnée à mort, pour s’être rebellée contre son souteneur et l’avoir tué. L’idée principale est que les femmes sont prises en étau dans un système qui les pousse à la violence. Ce livre a eu un impact très fort sur moi, car je le percevais comme complémentaire de Silk Moth. J’ai donc décidé d’en faire un autre opéra, mais d’une manière plus lyrique, en le tournant davantage vers le mouvement, la chorégraphie. Certains extraits en ont, d’ailleurs, été joués en concert.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 163