Rencontres

Thierry Pécou

© KLARA BECK

Du 21 mars au 7 avril, à Strasbourg, puis à Mulhouse, le compositeur français est en vedette au Festival « Arsmondo », dédié cette année à l’Inde, avec la création de Until the Lions – Échos du Mahabharata, « opéra dansé en un prologue et trois actes ».

Vous êtes un compositeur qui aime aller à la rencontre des cultures et des traditions ancestrales, souvent éloignées de nos pratiques occidentales. Vos œuvres portent la marque de cette quête. Que recherchez-vous dans ces ailleurs ?

Je trouve dans la diversité des apports amérindiens, européens, africains, asiatiques, une sève régénératrice pour tisser des liens et des correspondances qui pétrissent mon imaginaire musical et offrent un champ fécond à ma propre écriture, un archipel de signes, une réserve de signifiants mythiques, de réalités vivantes qui résonnent avec le présent. J’éprouve cette nécessité d’aller vers des univers et des rituels éloignés de nos codes, de faire un détour par d’autres cultures, sources de revitalisation artistique. J’y puise une palette esthétique qui insuffle à ma musique, liée à une expression corporelle, une dimension spirituelle qui la ritualise, afin de provoquer une circulation d’énergie entre les musiciens et le public.

Pour composer Until the Lions – Échos du Mahabharata, votre quatrième ouvrage pour la scène lyrique, vous avez emprunté les chemins de l’Inde fabuleuse sur les traces de la grande épopée du Mahabharata. Pourquoi ce choix ?

Les aventures extraordinaires relatées dans ce monument de la culture indienne, fondatrice de l’hindouisme, mêlent les dieux, les hommes et tous les éléments de l’univers en métamorphoses. Ces récits sont porteurs de l’esprit de ce pays de légendes, ils ont une dimension universelle qui contient l’âme humaine dans toute sa complexité : l’amour, la haine, l’ambition, la cruauté, la loyauté, la trahison…

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 159