Rencontres

Pierre Thirion-Vallet

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Après avoir changé de nom et être devenu membre à part entière de la Réunion des Opéras de France, Clermont Auvergne Opéra lance, le 6 mars, à Avignon, sa nouvelle coproduction de Cavalleria rusticana/Pagliacci, montée avec les lauréats de son prestigieux concours de chant.

Le Centre Lyrique Clermont-Auvergne s’appelle désormais Clermont Auvergne Opéra ; pourriez-vous nous résumer son histoire ?

Le Centre Lyrique a été créé en 1983 par le ténor Bernard Plantey, qui enseignait le chant au Conservatoire de Clermont-Ferrand, et qui était mon professeur. Au départ, c’était une institution étroitement liée au Conservatoire, qui proposait de petits spectacles auxquels participaient les élèves. En même temps est venue l’idée d’un concours consacré au lied, à la mélodie et à l’oratorio, dont la première session s’est tenue en 1985. Toutes ces activités artistiques avaient également des buts pédagogiques, et l’ambition de découvrir et d’aider de jeunes talents. Peu à peu, les choses ont commencé à se développer ; le Concours a eu, dans son jury, des cantatrices prestigieuses, comme Rita Streich et Mady Mesplé.

Installé à Paris, vous meniez une carrière de chanteur professionnel. Quand avez-vous pris le Centre Lyrique en charge ?

C’était en 1997. Au début, je pensais me contenter d’un rôle de conseiller pour le Concours, dont je jugeais les ambitions encore un peu courtes. La compétition s’est alors ouverte à l’opéra, pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui : trouver la distribution d’un opéra donné, puis le monter à la scène avec les lauréats.

À cette époque, Clermont-Ferrand n’avait donc pas de saison lyrique…

Non, ce qui était regrettable, car le bassin de population est important – aujourd’hui, Clermont-Ferrand compte plus de 145 000 habitants, et son agglomération, 485 000. Une Scène Nationale existait depuis 1997, mais elle ne donnait que du théâtre et de la danse. Toutefois, monter une saison lyrique avec des budgets limités n’était pas une mince affaire. J’ai accepté de relever le défi en 1998-1999.

Quel était votre projet ?

Dès le début, j’ai souhaité travailler sur trois secteurs : la programmation, la production et la diffusion – produire un opéra avec, au besoin, un coproducteur comme Opéra Nomade, pour envisager une tournée nationale. Évidemment, nous souhaitions que le Concours demeure un élément clé, et nous voulions continuer de le professionnaliser – pour vous donner un ordre d’idées, en 1996, on comptait quinze membres du jury pour une vingtaine de candidats, et lors de la plus récente édition, en 2019, une dizaine de jurés et cinq cent soixante inscrits de cinquante nationalités différentes ! Au fil des années, nous avons constaté de plus en plus d’appétence pour cette manifestation, y compris sur le plan international. Avec toujours, de notre part, la volonté d’offrir des perspectives à de jeunes talents, pas seulement des étudiants, mais aussi des gens commençant à entrer dans la carrière, guidés chez nous par des chefs et des metteurs en scène de haut niveau, de façon à ne pas les mettre en danger.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 159