In Memoriam

Jessye Norman 1945-2019

Sieglinde au Metropolitan Opera de New York. © THE METROPOLITAN OPERA ARCHIVES

L’annonce du décès de la légendaire soprano américaine, survenu à New York, le 30 septembre, à l’âge de 74 ans, a bouleversé ses admirateurs à travers le monde, bien au-delà du cercle des amateurs d’opéra et de musique dite « classique ». Jessye Norman, en effet, en plus d’être l’une des plus grandes cantatrices du XXe siècle, était un symbole de la lutte contre les discrimations, entre les races comme entre les sexes. Dans son numéro 3, daté de janvier 2006, Opéra Magazine lui avait consacré un dossier complet de six pages, auquel nous renvoyons nos lecteurs. Pour lui rendre hommage au lendemain de sa disparition, nous nous sommes adressés à l’un des directeurs de théâtre qui l’ont le mieux connue : Jean-Pierre Brossmann, directeur artistique, codirecteur et administrateur général de l’Opéra de Lyon, entre 1980 et 1998, puis directeur général du Théâtre du Châtelet, entre 1998 et 2006.

Alors que Jessye Norman vient de nous quitter, quarante années d’amitié, d’affection et de souvenirs inoubliables me reviennent en mémoire. Submergé par l’émotion, je vous adresse, très chère Jessye, ce mot d’adieu.

Chargé, en 1979, par Michel Garcin, de composer la distribution pour l’enregistrement de Pénélope dont vous deviez interpréter le rôle-titre, j’eus la chance de passer deux semaines à vos côtés, à Monte-Carlo. Je découvris, lors de ces séances, votre exigence après chaque écoute, pour perfectionner les prises suivantes et atteindre un résultat qui vous satisfasse.

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