Jeune talent

Héloïse Mas

© YANIS OURABAH

À partir du 14 juin, la jeune mezzo française incarne Boulotte dans la nouvelle production de Barbe-Bleue d’Offenbach, signée Laurent Pelly, à l’Opéra de Lyon. Un personnage haut en couleur, créé par la célèbre Hortense Schneider, qui devrait lui aller comme un gant !

Il a fallu beaucoup de négociations et de force de persuasion à Héloïse Mas pour imposer son désir de devenir chanteuse. Issue d’une famille de médecins -bisontins, elle débute le piano à l’âge de 6 ans, puis se tourne vers l’orgue à l’adolescence. Cependant, bien que mélomanes et musiciens amateurs, ses parents ne peuvent concevoir l’art autrement que comme un loisir. Héloïse suit donc une scolarité tout à fait classique, parallèlement à ses cours au Conservatoire d’Épinal, où les Mas se sont installés.

En seconde, elle débute le chant dans la même structure et choisit l’option musique au lycée, afin d’assouvir une passion grandissante. Il n’est toutefois pas question de s’engager dans cette voie, et c’est en médecine qu’elle s’inscrit après son bac. Pendant un an, elle ne produit plus une note, totalement happée par des études qui ne lui conviennent pas. La pratique artistique lui manque et les rêves de sécurité de ses parents ne lui correspondent pas.

Sur les conseils de son professeur au Conservatoire d’Épinal, Robert Boschiero, la jeune fille auditionne auprès de la soprano Elena Vassilieva. Celle-ci décèle immédiatement son talent et son potentiel, et lui conseille de persévérer dans le chant. De cette rencontre, Héloïse Mas a le « souvenir d’une étrangeté. Cela libérait des choses que je gardais en moi. J’étais à la fois très touchée et très effrayée ».

Tout en poursuivant ses cours de chant, elle s’accorde avec ses parents pour s’inscrire en DUT de commerce. L’objectif ? Garder du temps pour la musique et avoir la possibilité d’effectuer une troisième année à l’étranger. Elle choisit l’Italie, en auditrice libre au Conservatoire de Sienne, où elle travaille avec Anastasia Tomaszewska Schepis. À son retour en France, elle tente le concours d’admission au CNSMD de Lyon qu’elle réussit.

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