Jeune talent

Marie-Laure Garnier

© OB-ART

À 28 ans, la soprano d’origine guyanaise vient d’être couronnée « Voix des Outre-Mer », dans le cadre de la première édition du Concours du même nom. Actuellement stagiaire de l’Académie Orsay-Royaumont, elle sera Ygraine dans Ariane et Barbe-Bleue, à Toulouse, à partir du 4 avril.

« Chi va piano va sano e va lontano ». Telle pourrait être la devise de Marie-Laure Garnier. Lorsqu’elle est désignée « Révélation Classique » de l’Adami, en 2013, elle refuse de répondre à toutes les sollicitations qui auraient pu lancer sa carrière, car elle ne se sent pas prête. Elle souhaite peaufiner sa technique, travailler ses aigus, avoir une meilleure conscience de son corps, avant de se présenter sur scène.

Prudente donc, mais surtout rigoureuse et perfectionniste. Des traits de caractère sans doute acquis par la jeune femme durant sa longue pratique instrumentale.

Née à Kourou, en Guyane, Marie-Laure Garnier se passionne très jeune pour l’art des sons. À 7 ans, elle débute la flûte traversière, puis apprend le piano et l’orgue. Celle qui se qualifie de « boulimique de musique » participe également à la chorale de son école. Mais le chant est encore secondaire, et c’est pour approfondir ses études de flûte, « pour être confrontée à des élèves meilleur(e)s qu’elle », qu’elle quitte l’Amérique du Sud, à l’âge de 14 ans, pour venir travailler au CRR de Paris, dans la classe de Madeleine Chassang.

Un an après son arrivée, elle rejoint la Maîtrise de Paris, où elle reste trois ans. C’est là que débute réellement l’apprentissage lyrique, là où son potentiel est détecté. Progressivement, le chant prend la place de la flûte et son professeur au CRR lui propose de tenter le CNSMDP. Elle y est admise à 19 ans, et y reste pendant sept années, le temps d’obtenir sa licence, son master et son DAI (Diplôme d’Artiste Interprète).

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 148