Rencontres

Jean-François Vinciguerra

© MARION BONNET

Chanteur dans Die Fledermaus, à partir du 21 décembre, puis metteur en scène des Chevaliers de la Table ronde, en juin-juillet 2019, pour l’Opéra de Lausanne, le baryton-basse français coiffera les deux casquettes dans Le Petit Faust, en mars prochain, à l’Odéon de Marseille.

Cette fin d’année, vous la passerez à Lausanne, où vous incarnerez Frank dans Die Fledermaus, chantée dans sa version originale allemande, mais avec des dialogues en français. Que devient l’ouvrage quand on utilise simultanément ces deux langues ?

Je pense que les personnages de Die Fledermaus sont typiques d’un certain théâtre qui nous est proche, celui de Labiche, par exemple, et qu’ils sont plongés dans une musique foncièrement viennoise, mélange qui fonctionne bien. Chanter en allemand est un vrai plaisir, tant la langue s’adapte idéalement aux airs. J’ai déjà beaucoup joué la version entièrement en français (La Chauve-Souris) mais, pour Lausanne, j’ai dû apprendre un nouveau texte qu’Adriano Sinivia, le metteur en scène, a tiré du livret de Richard Genée et Karl Haffner.

Vous avez une double casquette de chanteur et de metteur en scène. Est-ce difficile à gérer ?

Pas du tout. Quand je chante, je suis chanteur, un point c’est tout. Et si je fais de la mise en scène, je ne chante pas ; les spectacles autour d’Hervé, prévus en 2019, seront une exception. En scène, j’ai l’impression d’être en vacances ; en dehors, les journées sont plus longues, et mes responsabilités plus lourdes. Dans la mesure où je suis également chanteur, je pense que je comprends mieux les attentes des interprètes et ce qu’on peut leur demander ; je veux qu’ils soient heureux d’être là. J’ai commencé par le théâtre parlé, j’ai fait l’École de la rue Blanche (ENSATT) et, au début, je ne pensais absolument pas devenir chanteur ; c’est pour cela que, dans un ouvrage lyrique, la part théâtrale est si importante pour moi.

À propos d’Hervé, vous chanterez et mettrez en scène Le Petit Faust, en mars prochain, à l’Odéon de Marseille. Sauf erreur, votre attachement pour cette parodie du Faust de Gounod ne date pas d’hier…

Il y a deux ans, pendant que je chantais La Chauve-Souris à Marseille, j’ai eu une conversation avec Maurice Xiberras, le directeur général de l’Opéra, autour du Petit Faust. Je connais bien la parodie d’Hervé, créée en 1869 – l’année de l’entrée du « grand » Faust à l’Opéra de Paris –, pour l’avoir montée une première fois, en 1996, au Festival d’Auvers-sur-Oise, à la demande de Pascal Escande. J’avais moi-même imaginé les décors, conçus comme un livre pop-up pour enfants, et adaptés à la cour du château de Méry-sur-Oise ; ils vont servir à nouveau.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 145