Rencontres

Karen Vourc’h

© CÉCILE HUG

En plus d’être l’une des Mélisande les plus recherchées de ces dix dernières années, la soprano française est devenue incontournable dans le répertoire contemporain. Le 16 novembre, à Metz, elle incarnera Estelle dans la première de Nous sommes éternels de Pierre Bartholomée.

Vous vous êtes intéressée à la mécanique quantique avant d’aborder le chant…

En effet, je voulais être astrophysicienne. J’ai donc fait maths sup et maths spé, puis un master à l’Université McGill de Montréal et un DEA de physique théorique à Normale Sup. Un jour, en passant devant la Schola Cantorum, j’ai eu l’idée de prendre des cours de chant. Au Canada, j’ai écouté de nombreux enregistrements de lieder, et de retour en France, j’ai obtenu de Natalie Dessay le nom de son professeur, dont je suis, à mon tour, devenue l’élève.

En dilettante ?

Ah non, je vais toujours jusqu’au bout des choses ! Je me suis mise au solfège d’une manière accélérée, en commençant ex nihilo en compagnie d’enfants de 7 ou 8 ans. Puis il a fallu choisir : persévérer dans le chant ou me lancer dans une thèse de physique. J’ai choisi le chant. Je crois avoir eu la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Christa Ludwig et Susan Manoff, par exemple, dont j’ai appris par une petite annonce qu’elles organisaient un stage, auquel j’ai participé. Et, plus tard, des directeurs de théâtre, notamment Raymond Duffaut, qui a cru en moi dès le départ, ou Didier Brunel, à Besançon, qui constituait une troupe et m’a offert Musetta, Pamina, la Comtesse Almaviva, Fiordiligi et mon premier rôle contemporain : Chantal dans Le Balcon de Peter Eötvös. Christophe Capacci m’a ensuite engagée à l’Opéra-Comique.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 144