Jeune talent

Jakub Jozef Orlinski

© JIYANG CHEN

Remarqué au Festival d’Aix-en-Provence, en 2017, dans Erismena de Cavalli, le contre-ténor polonais incarne Unolfo dans Rodelinda à Lille, jusqu’au 14 octobre. Deux semaines plus tard, sortira son premier récital pour Erato, intitulé Anima Sacra.

C’est à l’été 2017 que Jakub Jozef Orlinski fait le buzz pour la première fois. À Aix-en-Provence, il participe à Carrefour de Lodéon. Ne sachant pas que cette émission radiophonique va être filmée, il arrive sur scène en bermuda et baskets. Plus que son interprétation – pourtant remarquable ! – de l’aria « Vedro con mio diletto » de Vivaldi, c’est sa tenue qui retient l’attention, et sans doute son physique aussi… Postée sur Facebook et YouTube, la vidéo devient virale et est visionnée par plusieurs millions d’internautes. Un coup de projecteur pour le contre-ténor polonais, qui voit alors sa carrière prendre un envol inattendu.

Aujourd’hui, c’est Erato/Warner Classics qui mise sur lui, en lui offrant un récital aux côtés de Maxim Emelyanychev et de l’orchestre Il Pomo d’Oro. L’album, intitulé Anima Sacra, rassemble onze titres de musique sacrée de Zelenka, Hasse, Schiassi ou Durante, dont huit inédits. Comme l’indique le jeune chanteur, « il n’y a rien de comparable à la sensation que vous ressentez, lorsque vous ramenez à la vie une œuvre qui n’a pas été jouée depuis le début du XVIIIe siècle ».

Cette exploration du répertoire n’est pas nouvelle pour l’artiste. Élevé dans une famille de créateurs (peintre, graphiste, architectes) mélomanes, Jakub Jozef Orlinski intègre, dès l’école primaire, le chœur Gregorianum, où il restera pendant onze ans, abordant toutes les facettes du répertoire de la Renaissance. « Cette expérience a eu un énorme impact sur moi en tant que jeune garçon, mais également sur ma carrière. » En effet, il en conservera un amour indéfectible pour la musique ancienne et baroque, et cite les deux chefs du chœur, Berenika Jozajtis et Leszek Kubiak, parmi les personnes les plus importantes de son parcours.

Toutefois, s’il participe assidûment et passionnément aux concerts donnés par cette formation amateur, il ne suit aucun enseignement musical en parallèle. Ce qui ne l’empêche pas, au lendemain de son baccalauréat, de commencer à envisager une carrière de soliste.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 143