Rencontres

Alain Surrans

© BÉNÉDICTE DE VANSSAY

Le nouveau directeur général d’Angers-Nantes Opéra affiche, jusqu’au 7 octobre, le premier jalon de sa saison 2018-2019 : un diptyque Tchaïkovski/Rachmaninov, en coproduction avec l’Opéra de Rennes, son ancienne maison, avec laquelle il a entrepris de développer de multiples collaborations.

Dans votre parcours professionnel, la direction d’un théâtre était-elle une étape obligée ?

Au départ, je n’y pensais pas. Mais lorsque je dirigeais Île-de-France Opéra et Ballet, j’ai travaillé avec des compagnies lyriques et favorisé la diffusion de leurs spectacles en région : c’est dans ce cadre que j’ai fait tourner une production de L’Enfant et les sortilèges venue de l’Opéra de Lyon. Cela a été une expérience formidable, qui a renforcé mon désir de relier le monde des maisons d’opéra à celui de l’action culturelle et de la diffusion.

Vous êtes resté longtemps à l’Opéra de Rennes ; quel souvenir en gardez-vous ?

C’est une maison très légère, qui ne dispose pas de forces permanentes, ce dont j’ai joué à plein tube en mettant sur pied des coproductions, en louant des spectacles à d’autres institutions, comme Lille ou Nancy, et en étant à l’origine de productions de taille moyenne et de petites formes, destinées à tourner. Ce que nous avons fait avec La Belle Hélène, L’Italiana in Algeri, Rita de Donizetti, ou encore une version avec piano de Dialogues des Carmélites.

Pourquoi avez-vous choisi de venir à Angers Nantes Opéra ?

Je souhaitais passer à la vitesse supérieure et disposer de davantage de moyens. J’aimais aussi cette idée de rapprocher Angers et Nantes de Rennes, en constituant une espèce de consortium, un « Opéra de l’Ouest ». Cela se fera petit à petit. Il est bon de mutualiser la fabrication des décors et costumes, les équipes gérant les tournées… Peut-être des villes relativement proches, comme Tours, nous rejoindront-elles un jour.

Votre prédécesseur, Jean-Paul Davois, regrettait la baisse de la participation financière d’Angers. Qu’en est-il ?

Angers Nantes Opéra fonctionne toujours sous la forme d’un syndicat mixte, mais effectivement, Angers ne donne plus que 1,2 million d’euros au lieu de 1,5. À nous de remettre davantage de présence artistique dans cette ville et d’impliquer encore plus ses équipes !

Quelle forme la collaboration avec Rennes prendra-t-elle ?

L’Opéra de Rennes reste en régie municipale, un bon outil de gestion. À nous, à présent, d’imaginer un projet de plus en plus intégrateur et de construire un destin commun. Les choses sont bien parties. Comme nous allons nous répartir les temps de production, nos théâtres ne seront pas asphyxiés par les périodes de répétition. Chaque année, deux productions seront créées à Nantes avec l’Orchestre National des Pays de la Loire, deux à Rennes avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne, et elles seront données dans nos trois salles.

Disposerez-vous d’un budget suffisant ?

Le budget d’Angers Nantes Opéra évolue entre 10 et 11 millions d’euros, tout compris. 5 millions viennent de la Ville de Nantes, 1,2 de la Ville d’Angers, comme je vous l’ai dit, 1,1 de la DRAC, 400 000 euros de la Région Pays de la Loire et 150 000 du Département de la Loire-Atlantique. Nous avons également une contribution venue du Département du Maine-et-Loire. Une association a été créée entre notre syndicat mixte et l’Opéra de Rennes, pour une implication plus grande de nos deux Régions : Pays de la Loire et Bretagne. Tout cela nous laisse un budget pour l’artistique de 4 millions pour Angers Nantes et de 1,8 million pour Rennes. C’est loin d’être négligeable !

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 143