Rencontres

Ondrej Adamek

© GUILLAUME CHAUVIN

Le 7 juillet, au Théâtre du Jeu de Paume d’Aix-en-Provence, le compositeur tchèque propose, en première mondiale, Seven Stones, opéra dont la particularité est d’être écrit a cappella, sur un livret en langue anglaise. Prévue en 2016, sa création avait dû être repoussée de deux ans.

Après des études musicales à Prague, votre ville natale, vous avez poursuivi votre formation à Paris. Jeune compositeur innovant, éloigné de toute prise de position idéologique, vous êtes à la tête d’un corpus abondant, qui comporte de nombreuses œuvres vocales. La voix présente-t-elle un domaine de recherches particulièrement riche ?

La voix irrigue mon inspiration, c’est un instrument majeur de mon travail. Je suis ouvert à ses expressions issues de toutes les cultures du monde, traditionnelles ou contemporaines. Je combine leurs couleurs, leurs rythmes, car la voix, exprimant l’humain, me touche tout spécialement. Chaque culture lui a accordé un emploi et un registre particuliers que j’adapte librement, selon mes nécessités, à ma propre écriture.

Seven Stones, votre premier opéra, qui vient d’obtenir le Prix Fedora « Generali » 2018, présente la singularité de ne pas comporter de partition orchestrale, la voix occupant toute la place…

Il s’agit d’un opéra a cappella, conçu pour quatre chanteurs solistes (trois sopranos, un baryton) et douze choristes. Dans ma quête de naturel dans l’expression, j’ai exploré le souffle, la respiration et tous les potentiels de la palette vocale, selon un langage harmonique et phonétique : voix chantée, parlée, modulée, bruitée, chuchotée, voix de poitrine ou voix lyrique. Des lignes mélodiques alternent avec des harmonies venant du chœur ou des instruments isolés, ou bien résonnent dans un chant plus expressif, aux sons denses, massifs. Par ailleurs, je suis exigeant sur la clarté de l’émission du texte, sur la déclamation et l’articulation, afin d’obtenir un certain débit pour rythmer ma musique.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 141