Rencontres

Giacomo Sagripanti

© J HENRY FAIR

Avant de retrouver l’Opéra Bastille, à partir du 29 septembre, pour La traviata, puis L’elisir d’amore, le jeune chef italien dirige, au festival de Pesaro, le 11 août, Ricciardo e Zoraide, sans doute le moins connu des neuf « opere serie » composés par Rossini pour le Teatro di San Carlo de Naples.

Quand avez-vous décidé de devenir chef d’orchestre et, plus spécialement, chef d’opéra ?

J’en ai toujours eu envie, dès l’enfance ! Pendant mes études de piano au « Conservatorio Rossini » de Pesaro, mes professeurs m’ont encouragé à m’intéresser à la composition. J’ai aussi accompagné des chanteurs. Ensuite, je me suis formé à l’univers symphonique, à l’« Accademia Musicale Pescarese ». Enfin, j’ai effectué un cursus de trois ans à la « Scuola dell’Opera Italiana » du Teatro Comunale de Bologne, où j’ai pu assister plusieurs chefs, comme Renato Palumbo ou Bruno Bartoletti.

Comment avez-vous débuté votre carrière ?

Avec une production de Hänsel und Gretel destinée aux enfants. Ce spectacle, qui a tourné en Italie, a constitué une expérience très formatrice. Ensuite, j’ai été invité au Festival de Martina Franca pour des raretés, comme Gianni di Parigi de Donizetti, Aureliano in Palmira de Rossini et Zaira de Bellini, qui m’ont permis d’aborder le bel canto hors de toute influence. J’y ai également appris comment gérer chant et orchestre dans le contexte d’une production. Par ailleurs, j’ai été ponctuellement l’assistant de quelques chefs, mais je tiens à préciser que je n’ai jamais eu de modèle, ni de référence suprême. Je me suis formé à partir d’une multitude d’expériences.

Vous menez actuellement une carrière de « chef invité ». N’est-ce pas difficile de changer constamment de théâtre et d’orchestre ?

Au début, cela m’a effectivement paru un peu difficile. Mais le statut de « chef invité » vous confronte à toutes sortes de situations et vous enseigne comment les résoudre, en fonction de la dynamique propre à chaque orchestre. Vous apprenez également beaucoup sur le fonctionnement interne des théâtres. Je ne vous cacherai pas qu’on m’a déjà proposé d’occuper le poste de directeur musical d’un orchestre, mais je ne me sens pas encore prêt à accepter cette forme d’union sur trois, quatre ou cinq ans. Je n’ai que 36 ans, vous savez ! Et l’âge de la maturité, pour un chef, arrive vers les 50 ans. En revanche, je trouve très intéressant de revenir régulièrement dans les mêmes théâtres et de retrouver des orchestres avec lesquels j’ai déjà travaillé. C’est, par exemple, le cas à l’Opéra National de Paris, où, depuis 2013, j’ai successivement dirigé La Cenerentola, I Capuleti e i Montecchi, Werther, Il barbiere di Siviglia et Carmen.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 141