Rencontres

José Luis Basso

© OPÉRA NATIONAL DE PARIS/ELENA BAUER

En poste depuis 2014, le chef italo-argentin a fort à faire en ce mois de juin, entre Boris Godounov et Il trovatore à l’Opéra Bastille, et la préparation de la nouvelle production tant attendue des Huguenots, qui constituera l’événement de la rentrée 2018.

Quelle formation avez-vous suivie ?

Avec des parents artistes de chœur au Teatro Colon de Buenos Aires, j’ai fréquenté l’opéra dès mon plus jeune âge et j’ai même participé à plusieurs productions dans la maîtrise. Mais mon rêve était de devenir pianiste concertiste. Mon père m’en a dissuadé, m’expliquant que je n’avais aucune chance face à tous les enfants prodiges qui, à 4 ans, jouent déjà à la perfection les pièces les plus difficiles du répertoire. J’ai poursuivi des études musicales (piano, direction d’orchestre) et, à 15 ans, j’ai commencé, au Teatro Colon, à accompagner au clavier des répétitions, des auditions… C’est là que j’ai appris mon métier, sur le terrain. Puis, en 1989, j’ai été nommé chef des chœurs de la maison.

Quand êtes-vous arrivé en Europe ?

En 1994, je suis devenu l’assistant de Romano Gandolfi, à la Scala de Milan. Ensuite, j’ai été chef de chœur au San Carlo de Naples, au Teatro del Maggio Musicale Fiorentino et au Liceu de Barcelone où, de 2004 à 2014, j’ai exercé, en plus, les fonctions de consultant artistique.

Comment avez-vous trouvé les Chœurs de l’Opéra National de Paris (112 artistes permanents, 2 chefs de chœur, 4 chefs de chant) lors de votre arrivée, en septembre 2014 ?

J’ai trouvé une formation d’un excellent niveau vocal et artistique, mélange stimulant de rigueur très « Europe centrale » et d’enthousiasme « latin ». J’ai également apprécié leur disponibilité sur le plan scénique, rendue indispensable par des productions souvent très exigeantes physiquement. Clairement, le métier d’artiste de chœur n’a plus rien à voir avec ce qu’il était, il y a encore quelques années. Fini le statisme, fini aussi le temps où, dans certains théâtres, les choristes ne savaient pas lire la musique ! À l’audition d’entrée dans les Chœurs de l’Opéra, organisée une fois par an, nous exigeons évidemment une très bonne voix, mais également une grande facilité de lecture, ainsi que des compétences linguistiques et stylistiques. Car le répertoire de la maison est vaste, et il faut pouvoir chanter aussi bien Wagner et Verdi que Mozart et Gluck. Je veux aussi rendre hommage à la qualité des artistes supplémentaires, recrutés tous les deux mois, grâce auxquels nous pouvons jouer plusieurs ouvrages en alternance au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 140