Jeune talent

Eva Zaïcik

© VICTOR TOUSSAINT

Depuis le mois de février, la mezzo-soprano française enchaîne les récompenses : Troisième prix du Concours « Voix Nouvelles », « Révélation Artiste Lyrique » aux Victoires de la Musique Classique, Deuxième prix du Concours « Reine Élisabeth »…

Difficile de réaliser un portrait sans rencontrer la personne, ni même lui parler par téléphone. Pourtant, avec Eva Zaïcik, qui se décrit comme « passionnée, exigeante et sensible », l’exercice de l’interview par courriel prend des atours chaleureux, dévoilant entre les lignes une nature sincère et enthousiaste, ainsi qu’une grande humilité.

À aucun moment, la mezzo française ne fait mention de ses titres et récompenses, elle qui pourtant les accumule. Quand elle se raconte, c’est avec un style fluide et léger, et l’on serait presque tenté parfois de s’adonner abusivement à l’exercice du copier-coller.

Ce recul lui vient peut-être de ses débuts tardifs dans le lyrique, à un âge où la maturité commence à faire son œuvre. Car Eva Zaïcik ne se rêvait pas chanteuse d’opéra. Si elle avoue avoir toujours aimé la scène, se remémorant une vidéo de vacances où, à 2 ans, elle brûlait déjà les planches sans vouloir lâcher le micro, si elle s’exprimait beaucoup en chantant, au point que ses parents l’inscrivirent à la chorale de sa ville, elle souhaita d’abord perpétuer la tradition familiale en devenant médecin.

Pourtant, les souvenirs affleurent, intenses, de cette passion précoce pour la musique. Celui d’une petite fille de 4 ou 5 ans, dansant au rythme de la Toccata et fugue de Bach que son frère joue au piano. Celui encore de la Passion selon saint Matthieu, de Bach toujours, qui la fascine quand elle en interprète des extraits avec son chœur. « Je ne pense pas avoir beaucoup chanté, tant j’étais émerveillée par ce qui se jouait autour de moi. »

En plus de l’univers mélomane dans lequel elle grandit, ses parents écoutant beaucoup de musique à la maison, du jazz au classique, en passant par le rock et la chanson française, elle reste dans sa chorale pendant plusieurs années, abordant différents répertoires. Encouragée par la cheffe de chœur, ainsi que par son professeur de musique, Eva Zaïcik participe à plusieurs projets de comédies musicales et de concerts de chansons pour enfants, figurant dans deux albums, alors qu’elle a à peine 10 ans. Elle se rêve interprète de « musicals », alliant danse et chant.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 140