Rencontres

Alain Mercier

© STEVE BAREK

Depuis bientôt dix ans, le directeur général de l’Opéra de Limoges mène une politique artistique aussi originale qu’ambitieuse, tant dans le choix des titres que dans la manière de les présenter. Après Madama Butterfly, début mars, place aux Pêcheurs de perles, du 22 au 26 avril.

Directeur général depuis novembre 2009, quel bilan dressez-vous de ces presque dix ans passés à la tête de l’Opéra de Limoges ?

C’est une maison que je connaissais bien, puisque j’y travaillais déjà auparavant, en tant qu’administrateur, puis directeur adjoint, ensuite codirecteur. Lorsque j’ai pris mes fonctions de directeur général, mon projet était d’ouvrir le répertoire, de travailler sur des aspects nouveaux de la mise en scène et, de manière générale, de rénover les castes pouvant exister dans un théâtre lyrique. Dès la première saison que j’ai effectivement préparée (2010-2011), j’ai présenté L’Amour des trois oranges et Il prigioniero, deux ouvrages ne correspondant pas à l’image, vraie ou fausse, que l’on pouvait avoir de l’Opéra de Limoges. Tranquillement mais résolument, j’ai ensuite poursuivi sur la même voie. Plus de la moitié des titres que j’ai programmés depuis n’avaient jamais été représentés ici et, pour une bonne part, constituaient des raretés sur le sol français. Je pense, par exemple, à L’Affaire Tailleferre, spectacle réunissant quatre opéras miniatures écrits pour la radio par la compositrice du groupe des Six, ou à Daral Shaga de Kris Defoort, sur un livret de Laurent Gaudé traitant des problèmes des migrants. Parallèlement, j’ai fait appel à des metteurs en scène venant des horizons les plus variés et j’ai fait confiance à de jeunes chanteurs, français ou étrangers, qui ont pu ainsi démarrer leur carrière, avec moins de risques que dans de très grandes institutions nationales.

Quel est votre rôle exact ?

En tant que directeur général, je suis responsable de toute une équipe. C’est donc moi qui fixe des objectifs, même si j’ai vite découvert que je n’étais pas le seul à connaître le chemin à suivre. Je vois mon travail comme une suite d’emboîtements successifs ou, si l’on préfère, comme les mailles d’un tricot que l’on tisse petit à petit, jusqu’à ce que le résultat tienne la route. Et il faut tisser serré pour que ce soit solide ! Je ne chante pas, je ne joue pas dans l’orchestre, je n’ai pas le fantasme de devenir metteur en scène. Je suis un producteur avant tout.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 138