Rencontres

Jean-Louis Pichon

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Quand le rideau se lèvera sur Semiramide à l’Opéra de Saint-Étienne, où il occupe les fonctions de conseiller aux distributions vocales, Jean-Louis Pichon sera déjà en train de travailler à sa nouvelle mise en scène d’Hérodiade, à l’Opéra de Marseille, à partir du 23 mars.

Vous avez été directeur de l’Opéra de Saint-Étienne pendant vingt-cinq ans, et vous en êtes aujourd’hui le conseiller aux distributions vocales. En quoi ce poste consiste-t-il ? Est-il une sorte de prolongement de vos anciennes fonctions ?

Pas du tout ! Il faut être très clair là-dessus. Éric Blanc de la Naulte est le directeur général et artistique de l’Opéra, et l’organigramme ne comportant pas d’administrateur, cette fonction lui incombe également. C’est lui le gestionnaire des finances, dans une période difficile pour tous les théâtres. C’est lui qui conçoit la programmation et l’orientation générale de la saison, lyrique mais aussi symphonique, chorégraphique, sans oublier la musique de chambre, ni les spectacles pour le jeune public. Il a souhaité s’entourer de plusieurs conseillers dans différents domaines. Mon rôle consiste à réunir les distributions des opéras à l’affiche. Je connais les chanteurs, j’en entends régulièrement de nouveaux, et j’essaie de constituer des équipes équilibrées, en fonction du budget dont dispose la maison. Je dois évidemment tenir compte de ces contraintes et j’ai conscience des responsabilités qui me reviennent. Nous proposons des contrats décents, respectueux des qualités et de la notoriété, mais n’ayant rien de pharaonique. Et puis, nous avons la chance que de nombreux chanteurs aient noué avec l’Opéra de Saint-Étienne une relation affective. Si un projet les passionne, certains peuvent même se montrer moins exigeants quant au cachet.

On reconnaît depuis longtemps à Saint-Étienne l’audace de donner leur chance aux chanteurs français. Est-ce un parti pris ?

Quand je sais qu’un de nos artistes est capable de chanter un rôle, pourquoi irais-je chercher un inconnu à l’étranger ? J’ai ainsi pu composer des distributions presque entièrement françaises, pour des opéras allemands et italiens : Lohengrin, Nabucco, ou, tout récemment, Adriana Lecouvreur. Mais Saint-Étienne ne doit pas être uniquement un théâtre pour les prises de rôles, même si nous en offrons beaucoup, y compris à des chanteurs confirmés comme Béatrice Uria-Monzon, qui a incarné une merveilleuse Adriana.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 137