Événement

Sonya Yoncheva

© ROH/BILL COOPER

Où la soprano bulgare s’arrêtera-t-elle dans ses allers-retours entre des vocalités et des répertoires radicalement opposés ? Depuis l’été dernier, elle a successivement abordé Stephana dans Siberia, Élisabeth de Valois dans Don Carlos et Tosca, tout en reprenant Mimi dans La Bohème. L’attendent maintenant Luisa Miller et Imogene d’Il pirata, avant un retour à la Poppea montéverdienne pour clore cette saison 2017-2018. Opéra Magazine a voulu lui poser la question, pile au moment où son nouveau récital discographique, The Verdi Album, sort sous étiquette Sony Classical.

Pourquoi avez-vous choisi de consacrer votre nouvel album à Verdi ?

C’était la musique que j’avais envie de chanter, et surtout, je me suis orientée vers un Verdi que l’on n’associe pas immédiatement à mon image. Tout le monde s’attendait peut-être à ce que j’enregistre des airs de La traviata, Rigoletto, voire Il trovatore, ou encore des opéras que j’aborde cette saison, comme Don Carlos ou Luisa Miller. Ces trois derniers sont présents, combinés à des rôles que je rêve d’aborder dans le futur, dans leur intégralité.

À l’exception d’Otello, vous n’aviez abordé aucun des opéras de ce programme à la scène, au moment de l’enregistrement, réalisé en avril 2017. Comment êtes-vous entrée dans la peau de ces différentes héroïnes ?

Très naturellement. La musique m’a guidée, parce que l’écriture est extrêmement fine et élégante. Mais aussi mon instinct, dès lors que je n’avais pas été influencée par le travail effectué avec un chef ou un metteur en scène. Pour voir ce que ma voix pouvait donner dans ces airs aujourd’hui.

Quel rôle le chef d’orchestre joue-t-il dans l’élaboration d’un récital comme celui-ci, dont vous êtes la raison d’être ?

J’ai toujours eu envie – surtout maintenant que je suis mariée à un chef (1) ! – de me laisser guider. J’apprécie les chefs qui font confiance à mon instinct et à ma personnalité. Il s’agit d’une vraie collaboration. Massimo Zanetti m’a beaucoup apporté, grâce à sa patience, son bagage culturel, et sa connaissance de ces ouvrages. Nous sommes parvenus, en une semaine d’enregistrement, à construire un projet en commun.

Avez-vous conçu le programme seule, ou en concertation avec Sony Classical ?

Sony m’a beaucoup aidée pour le choix des morceaux, mais aussi la construction du programme. Je suis quelqu’un de très facile, malgré tout ce qu’on dit sur moi ! Les responsables artistiques de chez Sony savent mieux que moi comment provoquer certaines sensations chez l’auditeur, tout simplement parce qu’ils font cela tous les jours. Un disque, ce n’est pas seulement le reflet de la voix et de la personnalité d’une cantatrice, mais un travail d’équipe.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 136