Rencontres

Jean-Paul Davois

© JEF RABILLON

Le 1er janvier dernier, le directeur général du syndicat mixte, né en 2001 de la fusion entre les scènes lyriques d’Angers et de Nantes, a laissé sa place à Alain Surrans. Retour sur un mandat marqué par d’éclatantes réussites.

En 2011, lors de notre précédente rencontre pour Opéra Magazine, vous aviez de nombreux projets (voir O. M. n° 65 p. 28 de septembre). Les avez-vous menés à bien ?

Je pense que je suis parvenu à faire ce que je souhaitais. Je voulais défendre le théâtre, d’abord. Je trouve que souvent, lorsqu’il s’agit d’opéra, on se préoccupe, avant tout, de la musique et on oublie cet aspect ; encore aujourd’hui, les mises en scène très codifiées ou peu travaillées ne sont pas rares.

Une évolution s’est pourtant produite vers la fin des années 1970, avec Jorge Lavelli, Patrice Chéreau…

Certes, mais l’idée que la mise en scène n’avait qu’une importance relative a perduré. Inventer de belles images ne suffit pas ; il faut donner sur une œuvre un point de vue original, faire émerger quelque chose que personne n’avait perçu jusque-là. Que nous disent les personnages, comment leurs propos vont-ils changer notre vie ? Patrice Caurier et Moshe Leiser, qui ont réalisé notre nouvelle production de L’incoronazione di Poppea, présentée en octobre dernier, font partie de ceux qui donnent à entendre ce que disent le texte et la musique, qui construisent des personnages et tissent un réseau de relations entre eux.

À l’époque, vous aviez insisté sur la diffusion. Qu’en est-il aujourd’hui ?

J’aurais, bien sûr, aimé faire beaucoup plus ! Nous diffusons sur Nantes et Angers, ce qui garantit déjà à nos productions un certain nombre de représentations. Ensuite, nous organisons des tournées dans toute la Région Pays de la Loire, dans des villes moyennes, préfectures et sous-préfectures : Le Mans, Châteaubriant, Saumur. Des théâtres comme ceux de Cholet et de Saint-Nazaire sont de construction récente, avec des équipements modernes et des fosses d’orchestre. Nous allons également dans ce que j’appellerais la seconde couronne, des localités plus petites. Notre troisième cercle d’activités concerne le milieu rural, avec des villages ne dépassant pas 500 habitants.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 136