Jeune talent

Hélène Carpentier

© JOCELYN LOYER

Le 30 septembre dernier, la soprano française, déjà récompensée à Bordeaux et Marmande, a reçu, à seulement 22 ans, le Grand prix du Concours Opéra « Jeunes Espoirs » d’Avignon, présidé par Raymond Duffaut. Une personnalité vocale et scénique à suivre de très près !

La rubrique « Jeune Talent » n’aura jamais aussi bien porté son nom ! Hélène Carpentier, 22 ans, est en effet la benjamine des chanteurs rencontrés afin de réaliser leur portrait.

Encore étudiante, la soprano française fait pourtant preuve d’une étonnante maturité et d’une grande détermination. Posée, déjà lucide sur les défis qu’elle devra relever pour se faire une place dans un monde ultra concurrentiel, elle n’en nourrit pas moins de vastes ambitions, affirmant ne vouloir se fixer aucune limite, si ce n’est celles qui mettraient sa voix en péril.

Originaire d’Amiens, Hélène Carpentier grandit au son des harmonies, nombreuses dans la région. Dans un premier temps, elle rêve de jouer de la flûte traversière pour intégrer l’un de ces orchestres, mais sa mère, mélomane, en décide autrement. La petite Hélène débute donc par le piano, à l’âge de 5 ans ; il lui faudra attendre ses 12 ans pour pouvoir pratiquer, en parallèle, son instrument de prédilection.

Élève dans une école de musique, elle suit les enseignements classiques : solfège, chorale… sans manifester de passion particulière pour une discipline plus qu’une autre. C’est le visionnage à la télévision d’une production de Don Giovanni, alors qu’elle a 10 ans,  qui va changer la donne : « À ce moment, l’idée de faire du chant a commencé à germer en moi », raconte-t-elle.

Pas suffisamment, toutefois, pour la faire dévier d’un parcours scolaire traditionnel. Hélène Carpentier opte pour une filière scientifique, s’imaginant vétérinaire ou orthophoniste (la voix encore…). Alors qu’elle entre en terminale, elle débute l’apprentissage du chant, au Conservatoire de sa ville natale. Les progrès sont fulgurants, puisqu’elle comprend « le principe de la voix lyrique en trois mois ».

Cette forme d’exploit impressionne le directeur de l’institution qui, à la fin de son année scolaire, lui conseille de tenter une carrière lyrique. La soprano fait alors la rencontre de Marie-Dominique Loyer, qui devient son professeur – sa « coach », dit-elle aujourd’hui –, tant l’accompagnement dont elle bénéficie dépasse le cadre de l’enseignement : « Elle m’a tout appris, elle m’a donné le goût des rôles, des œuvres. »

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 134