Rencontres

Christophe Ghristi

© PIERRE BETEILLE

Nommé au printemps, le successeur de Frédéric Chambert au Théâtre du Capitole est entré en fonctions le 1er septembre. Au début d’une saison 2017-2018 préparée par son prédécesseur, il dévoile ce que seront les principales orientations de ses programmations à venir.

Cannes, Paris, Toulouse et Vienne sont les quatre principales villes ayant jalonné votre vie. Que vous ont-elles appris ?

Cannes est la ville où je suis né, celle de mon enfance et de mon adolescence. J’y ai découvert ma passion pour la littérature, le cinéma, le théâtre, la musique également. La proximité de l’Opéra de Nice m’a permis d’assister à des représentations inoubliables de Tannhäuser, Carmen ou Pelléas et Mélisande. Arrivé à Paris, après mon admission à l’École Normale Supérieure de Fontenay, j’ai bénéficié d’un salaire de jeune professeur de lettres. Mais, très vite, j’ai compris que je souhaitais travailler dans le monde de l’opéra. J’ai rencontré Sergio Segalini, qui m’a permis d’écrire mes premiers articles dans Opéra International : un coffret de Dietrich Fischer-Dieskau, puis une représentation de Werther à Saint-Étienne. J’ai réalisé également des émissions pour Radio Classique. Par l’intermédiaire d’André Tubeuf, j’ai fait la connaissance de Nicolas Joel, qui cherchait quelqu’un pour rédiger les programmes du Théâtre du Capitole, dont il était le directeur artistique. J’ai alors abandonné la thèse sur les écrits français de Rainer Maria Rilke, que j’avais l’intention de commencer. Arrivé à Toulouse, en 1995, mon rêve a commencé de se réaliser. Je me suis retrouvé dans une grande maison d’opéra, à la taille idéale pour apprendre mon métier. Petit à petit, mes activités se sont diversifiées. Surtout, j’ai pu suivre de près la préparation et le déroulement des spectacles, avec l’engagement collectif et la tension qui vont avec.

Quelques années plus tard, vous avez choisi de partir vivre à Vienne…

J’y étais déjà allé lorsque j’avais 17 ans, et je tenais à m’y installer pour un temps. Cette ville reste associée pour moi à la musique, une musique qui y vit et s’y pratique au niveau le plus élevé. Vienne est un lieu exceptionnel de rencontres, d’échanges entre les nombreux musiciens qui y résident. Les maisons sont ouvertes. Je m’y suis marié et j’y conserve un appartement, dans lequel j’ai toujours plaisir à revenir.

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