Rencontres

Fabrice di Falco

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Habitué du répertoire baroque et contemporain, le contre-ténor français, souvent surnommé le « Farinelli créole », aime s’aventurer sur des territoires plus insolites, le jazz notamment, comme en témoigne son album Les Sauvages, récemment paru chez Sony Classical.

Fabrice di Falco est un missionnaire. Un prosélyte prêchant la bonne parole sous toutes les latitudes et auprès de tous les publics, afin de les rallier à sa cause. Celle de la musique.

Une musique protéiforme, et parfois inclassable. Qu’il explore le répertoire classique, les créations contemporaines ou le jazz, il aime par-dessus tout partager et convaincre. Celui qui se dit le fruit de deux volcans – la montagne Pelée (par sa mère) et l’Etna (par son père) – assume cette incandescence qui l’anime, et il en fait son moteur, semble-t-il.

Enfant unique, élevé dans une famille bourgeoise et mélomane, Fabrice di Falco prend des cours de piano pour faire plaisir à ses parents, mais c’est pour le chant qu’il se découvre une passion. Dès qu’il assiste à un concert, il se surprend à fredonner les lignes mélodiques. Il y découvre une autre forme d’expression que la parole, qui le séduit.

Alors adolescent, il prend aussi conscience de sa tessiture très particulière de sopraniste. Il chante dans les églises de la Martinique (interprétant notamment le Miserere d’Allegri) et, rapidement, devient une célébrité locale. Il est repéré par un producteur qui lui propose d’enregistrer un disque, intitulé Où est passé l’amour, sorte de « crossover » entre la musique créole et l’opéra, qui obtient le prix de la Sacem.

À l’issue d’un concert de Barbara Hendricks à la Martinique, Fabrice di Falco rencontre la chanteuse, qui accepte de l’écouter. Elle lui explique qu’il peut choisir entre deux voies : celle de la facilité, en optant pour la variété, ou celle de l’excellence, plus compliquée, en s’orientant vers le classique.

Si les sirènes de la notoriété ont raison de lui dans un premier temps, il décide, lors d’un voyage à Paris durant lequel il passe des auditions, de rester dans la capitale et d’y travailler le chant lyrique. Il parvient à obtenir une bourse du conseil général et du conseil régional de son île pour financer ses études. En contrepartie, il doit envoyer ses bulletins de notes tous les six mois, afin de prouver le sérieux de son engagement !

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 131