Rencontres

Joël Suhubiette

© ROMAIN SERRANO

Le fondateur du chœur Les Éléments, basé à Toulouse, sera au pupitre de la nouvelle production des Nozze di Figaro au Festival de Saint-Céré, mise en scène par Éric Perez, le 1er août. Une manifestation dont il est, depuis 1988, l’un des artistes les plus fidèles.

En 1988, Olivier Desbordes demande à Joël Suhubiette de préparer les chœurs destinés à participer aux opéras montés au Festival de Saint-Céré. Il s’adresse à quelqu’un qui, malgré son jeune âge, est riche d’expérience.

« J’étais chanteur, et l’assistant de Philippe Herreweghe à la Chapelle Royale et au Collegium Vocale de Gand. En 1998, invité en tant que chef d’orchestre, cette fois, j’ai dirigé à Saint-Céré Le nozze di Figaro, avant d’y revenir pour Don Giovanni, Die Entführung aus dem Serail, Die Zauberflöte, mais aussi Les Caprices de Marianne d’Henri Sauguet et Der Silbersee de Kurt Weill. C’est donc une vieille histoire qui me lie à Mozart et au Festival, d’autant plus importante pour moi que je suis fermement ancré dans la Région Midi-Pyrénées, devenue Occitanie après sa fusion avec le Languedoc-Roussillon ; c’est de là que je viens, c’est aussi là que j’ai créé mon chœur Les Éléments, qui fête aujourd’hui ses 20 ans. »

Les Éléments se sont produits à Saint-Céré uniquement lors de concerts, faute de pouvoir suivre les tournées d’Opéra Éclaté, qui durent parfois plusieurs mois.

Pour Joël Suhubiette, qui revendique d’être d’abord chef de chœur et qui est considéré comme un spécialiste de la voix, la direction d’ouvrages lyriques est une autre façon de faire travailler les chanteurs, de prendre le temps d’approfondir les textes, d’avoir un rapport différent avec les interprètes à travers leurs personnages.

« La difficulté d’une œuvre comme Le nozze di Figaro, c’est les ensembles, qui sont nombreux, et les longs finales d’acte, en particulier ceux du II et du IV, de véritables morceaux de bravoure, dans lesquels beaucoup de choses se passent, des imbroglios se nouent. Ce qui entraîne des changements de tempo perpétuels – la partition de Don Giovanni compte elle aussi de nombreux ensembles, mais pas dans la même proportion, comme celle de Die Zauberflöte. C’est là sans doute que je peux apporter mon expérience aux chanteurs, dans ce travail d’ensemble, dans la recherche des couleurs et de l’homogénéité. »

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 130