Rencontres

Éric Perez

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À partir du 1er août, l’un des conseillers artistiques du Festival niché au cœur du Lot met en scène Le nozze di Figaro, deuxième volet d’une trilogie Mozart/Da Ponte entamée avec Don Giovanni, voici quatre ans.

Chargé du recrutement des chanteurs au Festival de Saint-Céré (le chef d’orchestre Dominique Trottein occupant les mêmes fonctions en ce qui concerne les musiciens), Éric Perez est un touche-à-tout qui arbore plusieurs casquettes : comédien, chanteur, metteur en scène. Son activité, dans cette manifestation qui enchante une partie de l’été du Lot, est d’autant plus prenante que, désormais, la ville possède un théâtre flambant neuf de 450 places, fonctionnant toute l’année, sans parler de la décentralisation effectuée dans le cadre de la compagnie Opéra Éclaté.

Fondateur et directeur artistique du Festival, Olivier Desbordes avait monté, en 1998, une production des Nozze di Figaro. C’est un spectacle entièrement nouveau qu’Éric Perez met en scène aujourd’hui. « Nous avons donné une avant-première à Cahors, suivie de deux représentations à Clermont-Ferrand, explique-t-il. Après Saint-Céré, nous tournerons dans plusieurs villes et, en 2018, nous nous arrêterons à l’Opéra de Massy, notre autre coproducteur avec le Centre Lyrique Clermont-Auvergne. »

Ces tournées, qu’il aime suivre, sont aussi source d’obligations. « La principale contrainte concerne les décors. Ils doivent s’adapter à des plateaux de tailles différentes, donc être légers et modulables. Cela dit, ce n’est pas pour me déplaire. Les limites des lieux et des moyens financiers conduisent à faire preuve d’imagination. »

Un principe demeure, toutefois, de la production de 1998 : les récitatifs secs mozartiens sont remplacés par des extraits du Mariage de Figaro de Beaumarchais, dont les Nozze s’inspirent. « Le texte de la pièce n’est pas facile ; lorsque j’ai fait passer des auditions pour constituer la distribution de l’opéra, je ne me suis pas contenté de demander aux interprètes sélectionnés de chanter un air, j’ai voulu qu’ils jouent une scène de la comédie. J’ai fait travailler l’équipe une dizaine de jours à Paris, puis nous avons répété trois semaines à Saint-Céré. Les chanteurs sont tous très jeunes, la moyenne d’âge est d’à peine 30 ans. Sans doute est-ce mon côté pédagogue qui ressort, mais les diriger et les confronter à une vraie production, et non à quelque chose de préparé en toute hâte, a été passionnant. J’espère que l’expérience a été également bénéfique pour eux. »

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 130