Jeune talent

Anas Séguin

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Valeur montante du chant français, « Révélation » 2014 de l’Adami, le baryton est à l’affiche de la nouvelle production des Nozze di Figaro, au Festival de Saint-Céré, à partir du 1er août, avant d’incarner Figaro dans Il barbiere di Siviglia, en tournée avec le CFPL, en 2017-2018.

Il est des enfants doués, considérant leur talent avec une certaine nonchalance, s’épanouissant dans un doux dilettantisme. Il est des adolescents rebelles, refusant l’autorité et la discipline pour marquer leur individualité. Il est des adultes incandescents, accueillant la maturité comme apaisement.

Anas Séguin fut et est tout cela. Petit garçon adopté, arrivé en France à l’âge de 18 mois, il grandit dans une famille de mélomanes passionnés, érigeant l’art d’Euterpe au rang de culte. La pratique musicale est donc une évidence, pour lui et son frère Louis, hautboïste.

À 4 ans et demi, Anas débute le piano, « un instrument qui me plaisait bien », en cours particuliers, puis enchaîne avec la trompette dès 7 ans, au Conservatoire du 13e arrondissement, « parce que j’avais envie de jouer d’un instrument à vent ». Il chante en parallèle dans un chœur, interprétant parfois de petits solos.

Toutefois, si la musique est très présente dans la vie du petit garçon, il s’investit davantage dans le sport, dépensant son énergie débordante dans le football et le judo. Cela ne l’éloigne pourtant pas de ses activités artistiques. Il intègre la Maîtrise de Paris, dirigée par Patrick Marco, et commence, dès la 6e, une scolarité en horaires aménagés.

Il poursuit son apprentissage du chant et de la trompette, docile encore. En classe de 1ère, il rejoint même le Jeune Chœur de Paris, fondé par Laurence Equilbey, au CRR de la rue de Madrid. Mais l’adolescent, poussé trop vite sans doute, ne trouve pas sa place dans l’institution. Il ne se sent ni accompagné, ni valorisé. Il se heurte à des règles qu’il rêve de briser, comme autant d’obstacles à son développement.

« J’étais un enfant terrible, concède-t-il. Je me sentais mal à la fin des cours. Je n’avais plus aucune motivation. » Et cela malgré un coup de foudre pour une enseignante, Sophie Hervé, rencontrée lors d’un stage d’été, et qui l’encouragera durant de longues années.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 130