Rencontres

Paolo Arrivabeni

© OPÉRA ROYAL DE WALLONIE/LORRAINE WAUTERS

Après neuf saisons couronnées de succès, le directeur musical de l’Opéra Royal de Wallonie quitte ses fonctions en dirigeant Otello. Il ne désertera pas Liège pour autant, y revenant notamment en 2017-2018, pour un autre fleuron du répertoire verdien : Macbeth.

Quel bilan dressez-vous des neuf saisons passées à Liège, en tant que directeur musical de l’Opéra Royal de Wallonie ?

J’y ai été invité une première fois, en 2007, pour Nabucco, et j’ai pris mes fonctions à la rentrée 2008. J’aurai dirigé, en tout, 25 ouvrages différents, ce qui représente 190 représentations. J’ai beaucoup reçu de cette maison ; j’ai vu le Chœur et l’Orchestre jouer de mieux en mieux au fil des saisons, grâce à un travail continu et aux jeunes musiciens que nous avons engagés.

Quels grands souvenirs gardez-vous de ces neuf saisons ?

Il y en a beaucoup ! Je me souviens de ce Falstaff donné sous le chapiteau du « Palais Opéra », alors que le Théâtre Royal était en travaux. C’était en novembre 2009 ; nous n’avions pas de fosse, mais nous y sommes arrivés. Quand nous sommes revenus dans notre maison, en septembre 2012, j’ai dirigé un ouvrage inconnu : Stradella de César Franck, un vrai bonheur. Je garde aussi un souvenir ému de nos tournées à Baalbek et à Santander. Je suis heureux, pour clore mon mandat, de reprendre Otello, dans la mise en scène de Stefano Mazzonis di Pralafera.

Qu’allez-vous faire maintenant ?

Mon agenda de chef invité est bien rempli. Je dirigerai, cet été, Aida aux Chorégies d’Orange, avec l’Orchestre National de France. Être de nouveau directeur musical ? Oui, bien sûr, mais il faut trouver le bon théâtre. Le directeur musical doit être tous les jours en lien avec le directeur général et/ou artistique et avec la régie, intervenir à propos d’un congé, d’un soliste malade… sans compter les concours de choristes et de musiciens. Je me sens bien à l’Opéra de Marseille, où j’ai commencé à diriger en 2004. J’aime aussi le Bayerische Staatsoper de Munich et le Deutsche Oper de Berlin. J’apprécie le système allemand, où le niveau de préparation est excellent. Je refuse cependant toujours de diriger un spectacle sans avoir répété, même si deux répétitions, là-bas, c’est déjà un luxe ! Hors d’Europe, j’ai fait La Bohème, à Tokyo. Les Japonais sont très organisés, très attentionnés, mais un mois aussi loin, c’est long, d’autant que j’ai une famille et un fils qui vivent à Cagliari, en Sardaigne, une destination très difficile d’accès ! Il ne faut pas oublier que le métier de chef d’orchestre est un métier solitaire, un métier de gitan…

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 129