Jeune talent

Marina Costa-Jackson

Mimi à Cardiff (2017). © ROBERT WORKMAN

Cinq mois après Ginger, sa sœur aînée, qui incarnait Despina dans Cosi fan tutte, au Palais Garnier, la jeune soprano américaine fait son entrée à l’Opéra National de Paris, le 13 juin, face à la Carmen d’Anita Rachvelishvili.

Quand la plupart des chanteuses lyriques racontent avoir rêvé de leur métier dès l’enfance, certaines semblent, au contraire, avoir tout fait pour l’éviter. C’est le cas de la soprano Marina Costa-Jackson, dont la vocation fut pour le moins tardive.

Née à Las Vegas, d’un père américain et d’une mère italienne, elle grandit à Palerme, dans une famille mélomane et musicienne. Sa mère possède une belle voix et ses deux sœurs, Ginger, l’aînée, et Miriam, la benjamine, étudient le chant dès leur adolescence. La cadette, elle, demeure imperméable aux vocalises et opte plutôt pour la danse. Elle pratique également le violoncelle, sans grand enthousiasme.

Ses goûts musicaux la portent alors davantage vers la pop internationale et la variété italienne. Professionnellement, elle envisage de devenir psychologue pour enfants. Pour rien au monde, elle ne souhaite suivre le même chemin que ses sœurs, déjà engagées dans leur carrière lyrique. Elle a besoin de se démarquer, afin de trouver sa place au sein de la fratrie.

Peut-être est-ce la génétique, peut-être est-ce la révélation tardive d’une passion enfouie ? Alors qu’elle s’apprête à entrer à l’université, Marina Costa-Jackson assiste à un concert au cours duquel Ginger et Miriam interprètent le duo « des fleurs » de Lakmé. Par la grâce d’un air féerique, la jeune femme remet alors toutes ses décisions en question.

À 21 ans, elle décide de tenter l’apprentissage du chant, pour voir, et s’inscrit à l’Utah State University. S’y sentant très vite limitée artistiquement, elle rejoint Philadelphie et intègre la prestigieuse Academy of Vocal Arts, dans la classe de William Schuman. Pendant quatre ans, elle s’impose une discipline d’enfer car, comme elle l’explique, « quand on commence si tard, on doit travailler deux fois plus que les autres ! ».

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 129