Rencontres

Jean-Philippe Clarac Olivier Deloeuil

© PHILIP LITTELL

En résidence à l’Opéra de la capitale du Limousin jusqu’en 2018, les fondateurs de l’outil de production Clarac-Deloeuil<lelab signent, à partir du 9 mai, la mise en scène, la scénographie et les costumesde Peer Gynt, une adaptation la célèbre pièce d’Ibsen, sur la musique de Grieg.

Qu’est-ce que Clarac-Deloeuil<lelab ?

Un outil de production collectif, dont nous sommes les fondateurs. Basés à Bordeaux, nous explorons depuis 2009 toutes les potentialités dramaturgiques de la musique classique, en élaborant des cérémonies pluridisciplinaires pouvant mêler musique, théâtre, vidéo, art graphique, chorégraphie, dont nous maîtrisons toujours toutes les composantes. Il se trouve que notre démarche, qui peut s’appliquer aussi bien à l’opéra qu’au théâtre musical, à l’oratorio ou à la musique instrumentale, a rencontré la réflexion menée depuis plusieurs années par Alain Mercier, le directeur général et artistique de l’Opéra de Limoges. Il a proposé à notre compagnie une résidence pour deux saisons (septembre 2016-juin 2018), avec trois projets à la clé. Chacun de ces « Objets Musicaux Créatifs » explore un domaine différent : concert symphonique, musique de chambre et opéra. Il s’agit de proposer une forme alternative au cérémonial traditionnel du spectacle lyrique. Dans le contexte de crise qui est le nôtre, trouver d’autres modes de représentation que les modèles habituels, trop coûteux, va devenir crucial.

Pourquoi le choix de Peer Gynt ?

C’est une suggestion d’Alain Mercier et nous avons trouvé l’idée excellente, car c’est une œuvre connue par son titre et la musique de Grieg, mais rarement donnée comme pièce. Ibsen lui-même ne la destinait d’ailleurs pas à la scène, l’appelant « Lesedrama » (« drame à lire »). Il est vrai que cet objet bizarre offre une combinaison complexe de symphonies, mélodrames, passages chantés, scènes théâtrales et narration, au point que le mettre en scène pose de nombreux problèmes, d’abord par sa longueur (cinq actes, qui excèderaient cinq heures de représentation), mais aussi par la multiplicité des lieux, des personnages et des intrigues. Aussi nous sommes-nous appuyés sur l’adaptation réalisée par Alain Perroux – dont il existe un enregistrement chez Æon, avec Lambert Wilson comme récitant –, où toute la musique de Grieg est reliée par une narration, pour une durée totale de deux heures.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 128