Rencontres

Éric Chevalier

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Arrivé en janvier 2016, le nouveau directeur général de l’Opéra de Nice achève sa première saison lyrique avec Rigoletto, du 10 au 16 mai. Le nombre d’abonnés a déjà augmenté et 2017-2018 s’annonce sous les meilleurs auspices, avec à nouveau cinq opéras à l’affiche.

Votre saison 2017-2018, comme la précédente, comprendra cinq productions lyriques ; est-ce votre vitesse de croisière ?

Depuis longtemps déjà, l’Opéra de Nice ne propose que cinq titres par saison. Mon prédécesseur, Marc Adam, y ajoutait parfois un opéra en version de concert. Compte tenu de notre budget, nous ne pouvons pas faire plus ; cela dit, chaque ouvrage est joué quatre fois. Si l’on considère que nous avons également de la danse, avec le Ballet Nice Méditerranée, et des concerts symphoniques, avec l’Orchestre Philharmonique de Nice, notre emploi du temps est bien rempli pour un plateau relativement petit. Je suis surtout heureux de constater que Nice est un Opéra dans lequel les gens ont plaisir à travailler.

Quel est votre rôle exact ?

Je suis directeur général, et pas seulement artistique. J’ai à mes côtés une directrice déléguée en charge de l’administration, Anne Ginesta-Valentin. Éric Vu-An est directeur de la danse, et nous avons depuis peu un nouveau directeur musical en la personne de György G. Rath, qui prendra ses fonctions à la rentrée prochaine, au poste occupé pendant six ans par Philippe Auguin. Il a été directeur musical de l’Opéra National de Hongrie. Déjà venu à Nice en tant qu’invité, les musiciens de l’Orchestre l’ont plébiscité sans hésiter. C’est un chef de répertoire, mais très ouvert à la musique contemporaine.

Quels sont les principaux atouts techniques de la maison ?

Nous disposons d’un outil exceptionnel, la Diacosmie, voulu par Pierre Médecin et construit pour lui à l’entrée de Nice, côté plaine du Var. S’y trouvent nos ateliers de décors et de costumes, ainsi que deux salles de répétitions, dont l’une a la taille du plateau de l’Opéra, et l’autre la taille de celui d’Acropolis, ce Palais des Congrès et des Expositions de 2 500 places qui n’est plus du tout utilisé pour l’art lyrique, mais dans lequel l’Orchestre donne le Concert du Nouvel An – peut-être y reviendrons un jour pour des spectacles, qui sait ?

Quelle est la jauge de l’Opéra ?

Elle est exactement de 1 080 places. Inutile de vous dire qu’avec des ouvrages comme Carmen, Tosca ou Rigoletto, les quatre représentations affichent complet ! La production de Carmen que nous venons de proposer (1) a démarré à Antibes, dans un lieu superbe et récent, inauguré en 2013, Anthea, que dirige le metteur en scène Daniel Benoin ; la grande salle, qui dispose d’une fosse d’orchestre, peut accueillir 1 200 spectateurs, et la petite, 200.

Vous avez pris vos fonctions en janvier 2016, avec un mandat de trois ans. Comment envisagiez-vous votre mission en acceptant ce poste ?

Il ne faut pas se voiler la face : la fréquentation de l’Opéra avait diminué, donc il fallait que les spectateurs reviennent. Lorsque j’étais directeur de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole, je cherchais à équilibrer les saisons entre grand répertoire et ouvrages rares, comme L’Attaque du moulin d’Alfred Bruneau. La recette n’est pas applicable à Nice, tout au moins pour le moment. Ma première préoccupation, ici, est de fidéliser le public et de l’élargir. C’est pourquoi, en 2016-2017, j’ai programmé des titres connus. Et il en ira de même, en 2017-2018, avec L’elisir d’amore, Le nozze di Figaro, Roméo et Juliette, Norma et Nabucco.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 128