Jeune talent

Lea Desandre

© CHRISTINE LEDROIT PERRIN

Sacrée le 1er février dernier, dans la catégorie « Révélation Artiste Lyrique », la mezzo-soprano franco-italienne incarnera Alcione, à partir du 26 avril, dans la nouvelle production du chef-d’œuvre de Marin Marais, qui marquera le retour de l’Opéra-Comique dans ses murs.

La passion et la rigueur incarnées. Ainsi pourrait-on, en usant de raccourcis, qualifier Lea Desandre (prononcez Dézandré). Boulimique de travail, la jeune mezzo a tracé son chemin en dehors des sentiers battus, en fonctionnant simplement par coups de cœur.

Petite, c’est la danse classique qui l’occupe. Elle en gardera le sens de l’effort, ainsi qu’une extrême exigence vis-à-vis d’elle-même. Mais, à l’âge de 12 ans, son professeur de musique au collège lui propose de rejoindre les chœurs d’enfants de l’Opéra de Paris. Malgré des premières répétitions qu’elle se remémore comme « difficiles, notamment parce que je ne savais pas encore lire les notes », elle se laisse happer par l’univers des sons. Jusqu’à l’obsession : à une époque, elle assiste ainsi à trois productions lyriques par semaine !

« Grâce à mes abonnements Jeunes, je me rendais dans toutes les salles parisiennes pour me nourrir de musique. » Une occupation pour le moins originale pour une jeune fille de son âge, dont le premier modèle fut Natalie Dessay. « Je sentais bien que j’avais un profil atypique par rapport aux autres adolescents, j’étais dans ma bulle. »

Inclination d’autant plus étonnante qu’elle ne vient pas du sérail, même si elle a grandi dans un milieu artistique : sa grand-mère était choriste au Grand-Théâtre de Bordeaux, et ses deux parents travaillaient dans le monde du cinéma.

La jeune fille s’accroche et, si elle continue la danse jusqu’à 19 ans, c’est la musique qu’elle a, d’ores et déjà, choisie. Au lycée, elle opte donc pour des horaires aménagés et, en terminale, elle intègre la classe d’Esthel Durand, au Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Boulogne-Billancourt. Mais, déjà, son rêve est ailleurs…

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 127