Rencontres

David Chaillou

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Le 14 janvier, au Théâtre Graslin de Nantes, puis le 22 mars, au Grand Théâtre d’Angers, le compositeur français propose Little Nemo, d’après la légendaire bande dessinée américaine du début du XXe siècle. Un opéra « jeune public » qui s’adresse également aux adultes !

À travers vos différentes œuvres instrumentales et vocales, votre langage flexible combine, selon un mode personnel, recherches harmoniques, rythmiques et acoustiques, travail sur les couleurs sonores et la spatialisation de la musique. Mais une particularité qui vous distingue réside dans l’intérêt que vous portez au jeune public. D’ailleurs, Little Nemo, votre premier ouvrage lyrique, est dédié en priorité aux enfants. Pourquoi cet attrait ?

Little Nemo n’est pas ma première œuvre en direction des enfants. Avant cet opéra, j’ai composé la musique d’un livre-disque, L’Orchestre d’Odilon le Grillon, et un conte musical, Philomène et les ogres. Pourquoi le jeune public ? Parce que composer, acte mettant en jeu à la fois des émotions et une ouverture sur les arts, s’accompagne pour moi de la volonté essentielle de transmettre. Bien que je m’adresse à la sensibilité et à l’imagination de tous, j’éprouve le besoin de me confronter à l’univers de la littérature pour la jeunesse, en y apportant toutes les richesses de la musique et en entamant un dialogue avec un public encore ouvert à toutes les sensations.

Pourquoi choisir comme sujet les aventures du personnage de la célèbre bande dessinée Little Nemo in Slumberland, créée par l’Américain Winsor McCay et publiée en feuilleton d’octobre 1905 à juillet 1914 ?

Enfant, j’étais un lecteur émerveillé de Little Nemo. J’aimais la beauté graphique des dessins, illustrant les aventures extraordinaires de ce petit garçon rêveur que chaque nuit transporte vers des sphères imaginaires. J’ai voulu approcher cet univers fantastique avec mes propres sons, je l’ai animé de mélodies, de bruits incongrus, d’échos qui, tous, participent au climat enchanté de Slumberland, ce monde qui s’éveille comme par magie quand le sommeil gagne le dormeur.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 124