En coulisse

Jesi

jesi-william-graziosi_2014_2-dr
© DR

Fondée en 2000, la Fondazione « Pergolesi Spontini » ne ménage pas ses efforts pour défendre la cause de deux célèbres enfants du pays : Giovanni Battista Pergolesi, né à Jesi même, et Gaspare Spontini, originaire de la bourgade voisine de Maiolati. Alors que l’édition 2016 du « Pergolesi Spontini Festival » s’est achevée le 25 septembre, place maintenant à la saison lyrique du Teatro Pergolesi, désormais fusionnée avec celle du Teatro delle Muse d’Ancône, capitale de la région des Marches. Deux raretés retiennent plus particulièrement l’attention : Adelson e Salvini, le premier opéra de Bellini, le 11 novembre, puis La scuola de’ gelosi de Salieri, le 16 décembre. William Graziosi, son administrateur délégué, et Vincenzo De Vivo, son directeur artistique, lèvent le voile sur les arcanes de la Fondazione.

William Graziosi, comment décririez-vous la Fondazione « Pergolesi Spontini », que vous avez contribué à fonder en 2000 et où vous occupez le poste d’administrateur délégué ?

La Fondazione a été créée par les municipalités de Jesi et Maiolati Spontini, qui siègent à son conseil d’administration en tant que membres fondateurs – les villes voisines de Monsano, Montecarotto et San Marcello sont membres adhérents. Il s’agit d’une entreprise culturelle, active toute l’année, dont l’une des particularités est de recevoir de l’État, à travers le FUS (Fondo Unico per lo Spettacolo), une double subvention : d’une part pour le « Pergolesi Spontini Festival », organisé chaque mois de septembre – elle s’élève à 228 000 euros pour la période 2015-2017–, d’autre part pour la saison lyrique du Teatro Pergolesi – 509 000 euros pour la même période. Dans un cas, la Fondazione figure dans la liste « Festivals », dans l’autre, dans la liste « Lirica di Tradizione ». Depuis 1968, le Teatro Pergolesi dispose, en effet, du statut de « Teatro di Tradizione », dont bénéficient également le Teatro Regio de Parme, le Teatro Bellini de Catane, le Teatro Goldoni de Livourne, le Teatro Verdi de Salerne… Pour mémoire, la Scala de Milan, le Teatro Regio de Turin, le Teatro dell’Opera de Rome ou la Fenice de Venise sont rangés dans une autre catégorie, celle des « Fondazioni Lirico Sinfoniche ».

Comment Jesi se situe-t-il par rapport aux autres « Teatri di Tradizione » ?

Avec 40 000 habitants, Jesi est la ville la plus petite parmi les 29 figurant dans la liste ! Livourne en compte 159 000, Parme 190 000, et Catane 315 000. En termes de spectateurs potentiels, l’échelle n’est pas la même et c’est une réalité avec laquelle nous devons compter. Surtout que l’effectif de la population a également des conséquences sur la subvention que nous recevons de la Ville, en parallèle à celle de l’État. Vous imaginez bien que le produit des taxes locales, dans une municipalité comme Jesi, n’a rien à voir avec celui de Catane !

Justement, combien la Ville vous verse-t-elle ?

800 000 euros, qu’elle ne divise pas, contrairement au FUS, entre le festival et la saison lyrique. La Ville est également propriétaire des murs du Teatro Pergolesi et du Teatro-Studio Valeria Moriconi, notre deuxième salle, plus petite, qui tire son nom d’une célèbre actrice italienne originaire de Jesi, disparue en 2005. Si l’on ajoute à sa contribution celles de l’État et de la Région (200 000 euros), on arrive à un montant de subventions publiques représentant 68 % de notre budget total (2 500 000 euros). Le reste de nos recettes se répartit entre mécénat (9 %), billetterie (12 %) et activités diverses (11 %).

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 122