Événement

La première création mondiale du CFPL

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Raymond Duffaut © YANNICK COUPANEC

Après les tournées d’Il viaggio a Reims (2008-2010) et Les Caprices de Marianne (2014-2016), le Centre Français de Promotion Lyrique, présidé par Raymond Duffaut, a choisi de passer commande d’une œuvre nouvelle pour sa troisième production. Il s’agit de L’Ombre de Venceslao, d’après la pièce éponyme de Copi, premier opéra du compositeur argentin Martin Matalon, sur un livret et dans une mise en scène de son illustre compatriote, Jorge Lavelli. Lever de rideau à Rennes, le 12 octobre, avant les représentations dans les théâtres coproducteurs : Avignon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Marseille, Montpellier, Reims, Toulon, Toulouse, Buenos Aires et Santiago du Chili.

Raymond Duffaut, comment le CFPL en est-il venu à passer commande d’un nouvel opéra à Martin Matalon ?

Après trois éditions du Concours « Voix Nouvelles », nous avons essayé, avec l’ensemble de mes collègues directeurs d’opéra, d’explorer d’autres pistes. Notre objectif était de parvenir à coproduire une première œuvre, non seulement en continuant la mission du Concours, c’est-à-dire en organisant des auditions de jeunes chanteurs pour assurer les distributions, mais aussi en mettant en synergie un certain nombre de maisons qui n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble. C’est ainsi qu’à partir d’octobre 2008, Il viaggio a Reims a tourné pendant deux ans, dans les seize théâtres coproducteurs. Entre-temps, nous avons pu établir une convention tripartite, dans le cadre de l’évolution des relations institutionnelles entre l’ex-CPDO, devenue aujourd’hui Les Forces Musicales, le CFPL et la SACD, de manière à construire des projets avec l’aide de cette dernière, qui a souhaité que nos actions portent à la fois sur des répertoires oubliés du XXe siècle – d’où le choix de monter Les Caprices de Marianne – et, dans un deuxième temps, sur un projet de création contemporaine.

Quels ont été les principaux acteurs de la concrétisation du projet ?

Le CFPL a d’abord mis en place une commission, composée de Jérôme Gay, directeur adjoint de l’Opéra de Toulon, Frédéric Chambert, à l’époque directeur artistique du Capitole de Toulouse, et Alain Surrans, directeur de l’Opéra de Rennes, chargée de réfléchir à un projet qui serait ensuite soumis à l’ensemble de nos membres. L’objectif était de privilégier la théâtralité, grâce à un texte proposant une histoire et des personnages forts. Quant au compositeur, notre souhait était de choisir un musicien peut-être reconnu, mais qui n’aurait pas encore eu l’occasion de se confronter au genre opératique. Évidemment, un tel projet ne va pas sans difficultés. Nous tenions, en effet, à éviter au maximum les risques liés à certaines créations contemporaines, notamment des nomenclatures d’orchestre peu en rapport avec les possibilités des maisons coproductrices. Concernant les auditions de jeunes chanteurs, il était nécessaire de trouver des solistes avec un niveau solfégique suffisant pour aborder une partition contemporaine. Martin Matalon a d’ailleurs passé deux jours avec eux, à la fin du mois de juin, pour affiner leurs rôles et leurs tessitures.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 121