Rencontres

George Gagnidze

Gagnidze_MaikReishaus MAIK REISHAUS
© MAIK REISHAUS

Jusqu’au 12 juillet, le baryton géorgien triomphe dans la reprise d’Aida à l’Opéra National de Paris, un théâtre où il s’est déjà produit dans Francesca da Rimini et Tosca. Prochaine prise de rôle : Carlo Gérard dans Andrea Chénier, à San Francisco, en septembre.

Quelle a été votre formation ?

Enfant, je faisais de la musique, notamment en duo avec ma sœur, mais c’est seulement à l’âge de 17 ans que j’ai commencé à prendre des cours de chant, quand on m’a dit qu’une carrière professionnelle serait envisageable. Au Conservatoire de Tbilissi, où je suis entré à 18 ans, j’ai suivi l’enseignement d’Olimpi Khelashvili, le professeur de Paata Burchuladze. Certains ont d’ailleurs dit, à mes débuts, que j’étais le nouveau Burchuladze ! À l’époque, j’étais plus baryton-basse que maintenant, car je n’avais pas encore développé mon aigu. En 1994, j’ai intégré la troupe de l’Opéra de Tbilissi, où je suis resté jusqu’en 2002. J’ai remporté plusieurs concours : « Leyla Gencer », « Elena Obraztsova » et, surtout, « Voci Verdiane » de Busseto, en 2005, avec José Carreras comme président du jury, qui m’a ouvert beaucoup de portes.

Vous êtes actuellement à l’affiche d’Aida, à l’Opéra Bastille. Quelle place Verdi occupe-t-il dans votre carrière ?

Il constitue, tout simplement, le cœur de mon répertoire ! Ce n’est un secret pour personne, il a écrit comme personne pour les barytons. Et de nombreuses personnalités du monde musical m’ont affirmé que j’avais une voix typiquement verdienne. Lorin Maazel, par exemple, en m’entendant pour la première fois, m’a dit qu’une telle qualité vocale lui rappelait quelques grands noms du passé… J’ai fait mes débuts à Tbilissi en Giorgio Germont, puis j’y ai abordé Renato dans Un -ballo in maschera. Plus tard, en troupe à Weimar, j’ai ajouté Miller, Posa dans Don Carlo et Nabucco à mon répertoire. Macbeth, Amonasro dans Aida, Simon Boccanegra, Iago dans Otello et, tout récemment, Falstaff ont suivi. Quant à Rigoletto, c’est rapidement devenu mon rôle fétiche. Je l’ai interprété un peu partout, à Weimar, Vienne, Aix-en-Provence, Tokyo, Berlin, New York, Milan…

Quelles sont pour vous les qualités d’un baryton verdien ?

Il faut d’abord une voix longue et puissante, au médium nourri, à l’aigu à la fois facile et brillant, surtout si l’on fait les aigus « de tradition » ! Ensuite, la ligne est essentielle. Verdi, en effet, hérite de toute la tradition du bel canto, qu’il renouvelle en en reprenant les composantes : legato, chant sur le souffle, trilles, et même vocalises dans les cabalettes. Enfin, j’accorde beaucoup d’importance au travail sur les mots, qui donnent chair au personnage.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 119