Rencontres

Gaspard Brécourt

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Grand habitué du Festival de Saint-Céré, le chef français dirige une nouvelle production du chef-d’œuvre de Verdi, à partir du 31 juillet, dans la cour du château de Castelnau-Bretenoux. La mise en scène est signée Olivier Desbordes, fondateur et directeur artistique de la manifestation.

Vous êtes très attaché au Festival de Saint-Céré…

J’y ai débuté en 2012, en remplaçant Dominique Trottein, qui devait diriger Madama Butterfly et Lost in the Stars de Kurt Weill, et je n’ai eu, à l’époque, que peu de temps pour me préparer. Tout s’est bien passé et Olivier Desbordes m’a rappelé pour Don Giovanni, en 2013, Lucia di Lammermoor, en 2014, et, maintenant, La traviata. Malgré des conditions de travail drastiques, compte tenu des restrictions budgétaires qui frappent toutes les institutions culturelles, nous sommes satisfaits des résultats obtenus. L’Orchestre est composé de musiciens venant de grandes formations ; certains sont des fidèles qui répondent présent depuis au moins vingt ans ! Ils jouent souvent ensemble et les tournées d’Opéra Éclaté, qui suivent les représentations estivales à Saint-Céré, renforcent leur cohésion et leur entente.

Vous dirigez La traviata pour la première fois ; est-ce un ouvrage que vous attendiez ?

Effectivement et, j’ose le dire, depuis longtemps ! Enfant, j’ai été très marqué par le film de Franco Zeffirelli, avec Teresa Stratas et Placido Domingo. J’admire cette parenthèse dans le parcours de Verdi qui, sortant de Rigoletto et d’Il trovatore, se concentre sur un drame de mœurs touchant. L’écriture orchestrale est magnifique, en totale adéquation avec les sentiments exprimés.

Avez-vous une idée de la mise en scène d’Olivier Desbordes ?

Olivier est quelqu’un de très ouvert, et il ne met jamais les chanteurs en difficulté. A priori, il se dirige vers une double Violetta, l’une mourante, filmée en direct sur un écran en fond de scène, l’autre sur le plateau, revêtue de son masque social. Burcu Uyar, qui a été notre Lucia, est, pour reprendre l’expression, la « -donna di prima forza » que souhaitait Verdi. Julien Dran, qui était Edgardo dans la même Lucia et qui interprètera Alfredo, a du soleil dans la voix et l’on comprend que sa carrière soit en pleine ascension. Quant à Christophe Lacassagne, qui tiendra le rôle de Germont, c’est un excellent comédien, doté d’une belle ligne de chant – j’ai d’ailleurs voulu qu’il conserve sa cabalette du deuxième acte, traditionnellement coupée.

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 119