Reportage

Les 25 ans du programme « Dix Mois d’École et d’Opéra »

répétitions - Quand vient la nuit...
© OPÉRA NATIONAL DE PARIS/AGATHE POUPENEY

Créé en 1991 par l’Opéra National de Paris, en partenariat avec l’Éducation Nationale, et réservé aux élèves relevant de l’Éducation prioritaire, le programme « Dix Mois d’École et d’Opéra » fait le pari que révéler à ces jeunes, issus de quartiers défavorisés, un monde de beauté dont ils n’ont aucune idée ou dont ils se sentent écartés, peut être un bon moyen de briser la spirale de l’échec et de l’exclusion, en leur redonnant le goût de l’apprentissage et de l’effort. Opéra Magazine est allé enquêter sur place, au contact des intéressés, pour constater à quel point cette initiative est un incontestable succès, en ouvrant parallèlement ses colonnes à Catherine Ferrant, déléguée générale de la Fondation Total, le mécène privé sans lequel rien n’aurait été possible.

En 1991, Martine Kahane et Danièle Fouache, du Service culturel de l’Opéra National de Paris, ont eu ce projet un peu fou : ouvrir les portes des lieux peut-être les plus élitistes en France (le Palais Garnier et l’Opéra Bastille) à des jeunes relevant de l’Éducation prioritaire – et donc, a priori, les plus éloignés de l’art lyrique. D’abord en leur montrant des spectacles, mais aussi et surtout en leur faisant découvrir le personnel (cent vingt corps de métiers différents), qui s’active dans l’ombre pour que le rideau puisse se lever chaque soir. Car l’objectif premier n’était pas, comme on pourrait le croire, de démocratiser l’opéra pour rajeunir son public, en préparant ainsi les spectateurs de demain – discours habituel dès que l’on parle d’opérations en direction des scolaires. Non, il s’agissait plutôt d’un vrai projet citoyen, faisant le pari que révéler à ces jeunes un monde de beauté dont ils n’avaient aucune idée ou dont ils se sentaient écartés, pourrait être un bon moyen de briser la spirale de l’échec et de l’exclusion, en leur redonnant le goût de l’apprentissage et de l’effort.

Martine Kahane, que nous avions rencontrée en 2004, alors qu’elle dirigeait le Service culturel, insistait beaucoup sur cette possibilité d’« accès à la citoyenneté des jeunes en grande difficulté scolaire », à travers le programme « Dix Mois d’École et d’Opéra ». « Je suis persuadée, expliquait-elle, que l’opéra est une merveilleuse école de la vie, qui met en avant le travail d’équipe et une discipline librement consentie. Les enfants se rendent très bien compte de cette réalité, dès lors qu’ils ressentent la beauté du spectacle. Cette vérité qu’ils découvrent par eux-mêmes, cela vaut tous les discours du monde ! »

Lire la suite dans Opéra Magazine numéro 118